Ibid., p
le 26 juillet, sans doute sur une lettre de la nonciature de Paris, dit le cardinal d'Estrées1. Le duc d'Estrées, à la nouvelle de cette audience, écrivit au cardinal Cybo pour lui faire remarquer que Louis XÏV, en apprenant comment le pape recevait un sujet infidèle, ne pourrait qu'en éprouver « un extrême dégoût. » Le cardinal Cybo lut cette lettre au pape, qui, loin de s'en émouvoir, répondit froidement qu'il avait remis cette affaire à la congrégation. Le duc d'Estrées, mécontent de celte réponse, écrivit au roi, le 26 juillet, que la conclusion était « qu'il n'y avait rien à attendre de Sa Sainteté2. »
Tout en simulant de renvoyer la solution de la question à la congrégation, le pape ordonna le 26 au Père Charles de faire ses fonctions dégénérai 3. Sa partialité contre Louis XIV était donc visible. Le cardinal d'Estrées la fit encore ressortir dans sa dépêche du 10 août, en rappelant que le pape, après avoir nommé à l'évêché de Parme, un sujet que le duc de Parme n'avait pas agréé, s'était résigné à le retirer et à le remplacer par un sujet agréable. Le pape n'avait pas réussi non plus à établir un évêque non approuvé par le petit prince de Plaisance. Et le grand roi serait obligé de céder! Le cardinal d'Estrées comprit l'odieux de la conduite du pape envers la France, et il ajouta : « Il y a longtemps que je me suis aperçu de son méchant fond, mais je n'aurais pas cru que, dans une pareille conjoncture, il fût allé si loin; et l'on doit croire, après cela, que sans une nécessité absolue il ne se réduira point à un accommodement, quoi que puisse dire le cardinal Cibo*. »
Louis XIV tint bon; car, dans les documents de septembre 1683, se trouve une lettre de Croissy au Père
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 27 juilletl683 (Correspondance de Rome, t. CCLXXXIX, p. 40-46.)