‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 210 sur 473 · Le même au môme, le 20 juillet 1683 (ibid. p · texte numérisé non relu

Le même au môme, le 20 juillet 1683 (ibid. p

que les vocaux qui s'étaient laissé entraîner par la cabale ultramontaine, mentaient, lorsqu'ils disaient qu'ils ne connaissaient pas les intentions du roi; que c'était le provincial de Paris qui avait mené toute cette cabale1.

Ce provincial s'était certainement concerté avec ses amis de Rome, dont il n'avait été d'ailleurs que l'instrument. Le cardinal Altieri feignit de proposer comme solution la démission du Père Charles; mais ce n'était qu'une ruse: car, dans les affaires des carmes comme dans celle des dominicains, il poursuivait le même but, la suprématie absolue de la papauté sur tous les couvents de l'Église dite catholique. Servient démasqua cette ruse dans sa dépêche du 20 juillet, où il relata le bruit « que le cardinal Allieri avait porté la proposition de celte démission trop mollement pour surmonter la prévention de Sa Sainteté; que cette mollesse était de concert avec la reine de Suède et le cardinal Pio, qui favorisaient le parti autrichien de ces religieux ; et que le cardinal Altieri faisait représenter à M. le cardinal d'Estrées les choses fort diversement2. » Le 3 août, Servient ajouta : « Le ' cardinal Altieri, qui, sous apparence de nous servir dans l'affaire des cannes, Va plus brouillée que personne par son intelligence secrète avec la reine de Suède et le cardinal Pio, et par son adresse à empaumer le dominicain Peyra, employé dans cette occasion, a, sous les mêmes apparences, comme ruiné celle des augustins déchaussés, de manière que, si l'on n'obtient une dispense du pape (qui est, comme on dit, la mer à boire et le piège que les cardinaux malins tendent aux étrangers sous ce pontificat), l'autorité du vicaire général français sera ruinée par la rébellion d'un provincial3. »

Cependant le pape, qui s'était défendu pendant deux mois de recevoir le Père Charles, lui donna audience

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