‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 215 sur 473 · lbid., t. CCXCIII, p · texte numérisé non relu

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les cours de l'Europe. La France, l'Italie et l'Espagne s'en divertissent, et n'eût été quelque raison, on aurait rappelé l'ambassadeur. Mais gard la première occasion, et gard les Italiens, qui ne pardonnent jamais1. »

Le 27 décembre, Louis XIV écrivit de Versailles au cardinal d'Estrées qu'il avait fait menacer le Père César. Celui-ci avait répondu qu'il était fort innocent, « et qu'il réglerait sa conduite d'une manière que je n'aurais, dit le roi, aucun sujet d'en être mécontent2. » Il n'en coûtait rien à ces moines brouillons de mentir et de poser en innocents agneaux.

En mai 1686, le Père Martial fut élu général. Le duc d'Estrées le trouva bien disposé pour la France3; mais, lorsqu'il dut rendre sa visite à l'ambassadeur Lavardin en novembre 1687, il sut parfaitement prolonger à dessein son séjour à la campagne4. Donc c'était toujours la même chose : Rome avant la patrie, la volonté du pape audessus des lois du pays, la domination de Rome plutôt que les libertés de l'Église nationale.

Les rapports d'Innocent XI avec les jésuites de Rome et avec ceux de France, les intrigues ourdies par la camarilla parmi les moines et dans le clergé séculier, à Rome, à Paris et ailleurs, méritent une étude à part. Cette étude, en confirmant ce qui précède, révélera, en outre, le fanatisme et la ruse consommée que Rome sait inspirer à ses agents, agents que rien ne décourage, qui s'avancent à leur but per fas et nef as, et qui, après l'avoir atteint, consacrent toutes leurs facultés, toujours inassouvies, à de nouvelles convoitises et à de nouvelles ambitions.

Telle est la leçon que donne l'histoire.

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