Ibid.,t. CCLXXI, p
duc d'Estrées, qui, en présence de cet état de choses, aurait dû conclure à un accord parfait entre le pape et le général, mais qui n'avait pas les yeux très ouverts, se borna à écrire au roi le 14 du même mois : «c J'ai quelque soupçon que le général était d'intelligence avec le palais; et ce qui me le ferait d'autant plus croire, c'est que l'assesseur lui ayant dit que Sa Sainteté donnait six jours pour rendre sa réponse, il l'a faite sur le champ1. »
Le Père Oliva se montra encore l'instrument du pape dans les affaires de Pamiers et de la régale. Le 1er janvier 1081, Innocent XI publia son troisième bref contre la régale, dans lequel il déclara de nouveau solennellement que l'établissement de grands vicaires par l'archevêque de Toulouse était.nul, que les actes faits par eux étaient sans valeur, et que ceux qui n'obéiraient pas à ses ordres seraient tenus pour excommuniés. Comme les jésuites de France étaient les principaux instigateurs du conflit de la régale, le pape crut que, s'il les forçait de se prononcer en sa faveur, il serait maître de Louis XIV.
En conséquence, il ordonna à leur général d'envoyer des copies de ce bref aux provinciaux de Paris et de Toulouse, avec ordre formel de les publier comme authentiques. Les provinciaux, plus rusés que le pape, ne voulant ni lui désobéir ouvertement ni déplaire au roi, se firent citer devant le parlement pour rendre compte de la lettre qu'ils avaient reçue de leur général. On lit dans les registres du parlement : « Acte du 18 juin 1681. Ordre donné aux supérieurs des jésuites de se présenter en la cour vendredi prochain à 7 heures du matin, pour être interrogés s'il est vrai que des ordres seraient venus du général au provincial de Paris et à celui de Toulouse, pour leur ordonner de communiquer le bref du pape du 1er janvier. » Le parlement s'élève contre « cette invention nouvelle de publier des bulles et des brefs dans le royaume contre les formes qui y avaient été pratiquées