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rai, qui sut en même temps mériter les louanges du cardinal d'Estrées, même dans une lettre privée adressée au roi, et servir le pape dans sa lutte contre Sa Majesté ! Le 27 novembre, l'abbé d'Hervault écrivit aussi à M. de Croissy que le général des jésuites, mort la veille, « avait un respect pour le roi qui approchait fort de celui d'un sujet1. » Le même jour, Servient raconta au même que ce général avait eu, quinze jours auparavant, à l'occasion d'une difficulté avec Favoriti, une audience du pape qui « fut si affligeante pour lui qu'elle causa en partie le chagrin dont il mourut hier après-midi, autant que de son rhume et de sa vieillesse. » Il ajouta que les jésuites avaient à Rome, à cette date, « beaucoup d'ennemis » qui profiteront de la mort de ce général'2. D'où vint ce chagrin si profond que le pape causa à ce général? Servient donne à penser qu'Oliva se serait mis en opposition avec Favoriti, conseiller intime de Sa Sainteté et chef de la camarilla. Mais à quel sujet? Quoi qu'il en soit, on voit que, si le Père Oliva pouvait quelquefois avoir des difficultés avec Favoriti, il n'était pas homme à résister à un reproche du pape. On pourrait dire en plaisantant, mais avec quelque vérité, qu'il lui était attaché jusqu'à la mort.
Les dépêches sont plus explicites sur le Père de Noyelle, successeur du Père Oliva, vicaire général d'abord, puis général de l'ordre du 7 juillet 1682 au 13 décembre 1686. C'était un Belge imbu des doctrines espagnoles et par conséquent romaines; il ne pouvait donc que sympathiser avec Innocent XI et concourir avec lui à jouer Louis XIV par tous les moyens possibles. 11 n'y manqua pas.
D'après une dépêche du duc d'Estrées, datée du 3 décembre 1681, le Père « Des noyers » de Bruxelles avait été nommé, environ dix ans auparavant, vicaire général par le Père Oliva; il était assistant d'Allemagne, et le
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXVII, 3e suppl. de 1681, p. 100-101.