Ibid., t. CCLXXXVI, p
la joie qu'il a de l'heureux accouchement de Mme la Dauphine d'un prince (le duc d'Anjou), et il l'a fait avec de telles expressions que je ne pais pas douter qu'il ne soit fort sensible à la satisfaction de Votre Majesté et au bonheur de toute la France. Je lui dois cette justice qu'il témoigne en toutes occasions un grand respect pour la personne sacrée de Votre Majesté, un grand zèle pour ses intérêts, et une parfaite reconnaissance des bontés continuelles dont il plaît à Votre Majesté d'honorer sa compagnie 1. 1 La duplicité du Père de Noyelle était d'autant plus grande, qu'il soutenait toujours à cette époque les jésuites de Douai dans leur résistance contre les doctrines de l'assemblée du clergé.
Y eut-il, vers le milieu de 1684, un refroidissement entre le Père de Noyelle et le pape, ou bien le duc d'Estrées fut-il encore une fois victime de ses illusions? Toujours est-il que ce dernier écrivit au roi le 24 avril 1685 : « Sa Sainteté a accordé à l'empereur les legs que l'archevêque de Strigonie avait faits aux jésuites pour fonder quelques collèges, sans vouloir toucher à tous les autres. Ce qui peut faire juger que le pape n'a pas pour celte compagnie des sentiments avantageux. A quoi j'ajouterai que depuis neuf mois le général demande audience à Sa Sainteté, sans l'avoir pu encore obtenir2.» D'après une dépêche du même au même, en date du 22 janvier 1686, le roi d'Espagne voulut que le général des jésuites lui demandât pardon par écrit d'avoir visité le duc d'Estrées avant le marquis del Garpio ; le général s'y refusa; le pape fit parler fortement sur ce sujet au roi d'Espagne et l'empereur s'y employa aussi en faveur du général, si bien que le roi finit par s'apaiser et par consentir à ce que le général lui écrivît quand il le voudrait3.