Ibid., t. CCXCVIII, p
Le même jour, le Père de Noyelle écrivit à Louis XIV pour lui exprimer ses sentiments d'admiration sur la révocation de l'édit de Nantes; et le 8 mars suivant, Sa Majesté lui répondit de Versailles pour le remercier de sa lettre; elle ajouta que la compagnie des jésuites avait « toujours signalé son zèle à ramener les hérétiques au giron de l'Eglise, » et qu'elle serait bien aise de lui donner « en toutes occasions des marques de sa bienveillance, et à lui de l'estime particulière qu'elle fait de ses mérites ' . »
Le 2 juillet 1086,1e duc d'Estrées dépêcha à Louis XIV: « Le pape avait défendu expressément que les jésuites ne reçussent plus de novices dans les cinq provinces d'Italie; mais ils ont obtenu, après quelques instances, d'en recevoir cinquante, et ils doivent cette permission aux offices de M. Pancialici, secrétaire des évêques et réguliers, qui a combattu par cinq fois différentes la résistance de Sa Sainteté2. » Que faut-il penser de cette résistance? Etait-ce un nouveau jeu concerté entre le pape et le Père de Noyelle, pour faire semblant de donner satisfaction aux ennemis des jésuites sans rien leur concéder dans le fond? Ou était-ce un avertissement que le pape voulait donner à l'ordre entier, en particulier aux jésuites de France, que le sort de la compagnie était entre les mains de la papauté? Quoi qu'il en soit, le simple prélat Pancialici vint à bout de cette résistance.
Enfin, le Père de Noyelle mourut, le 13 décembre suivant, d'une pleurésie, après cinq jours de maladie; il avait nommé pour commissaire général jusqu'à l'élection d'un général, comme c'est h coutume de cette compagnie de le faire toujours, un jésuite nommé Marini-, Génois, qu'il avait fait assistant d'Italie et qui est frère du dernier résident qui a été en France3. Le cardinal