Correspondance de Rome, t. CCLXIII, p
l'évêché de Séez auquel je l'ai nommé ne vaut pas plus de dix à douze mil livres environ de revenu, et que néanmoins on lui demande vingt et un mil cinq cents livres pour V expédition de ses bulles, je serai bien aise qu'en considération des services qu'il rend depuis vingt ans en qualité d'aumônier ordinaire de la reine, vous lui rendiez vos offices, pour lui procurer le gratis qu'il demande ou au moins un traitement aussi favorable qu'il le peut raisonnablement désirer. »
Louis XfY, voulant profiter du changement de pontificat à la mort d'Innocent XI, écrivit de Fontainebleau au duc de Chaulnes, le 16 octobre 1689, pour qu'il réglât les diminutions de taxes, taxes excessives sous le précédent pontificat. La taxe d'Auch était de plus de 20 000 écus, celle de Sens de plus de 45 000, celle de Toulouse de près de 36 000. Plusieurs autres évêchés étaient taxés « excessivement. » Le roi prie donc le duc de faire « en sorte que toutes ces taxes, qui monteront à plus de 700 000 livres, soient réduites à des sommes plus proportionnées à ce qui revient de bon des revenus des dits archevêchés et évêchés à ceux qui les possèdent 4. »
Innocent XI spécula aussi sur les bénéfices vacants, lesquels, en l'absence d'un titulaire, fructifiaient quelquefois pour Rome. Le 10 juin 1681, le duc d'Estrées écrivit au roi qu'il y avait à la daterie pour 100 000 écus de rente de bénéfices vacants 2. Le 27 août de la même année, le cardinal d'Estrées écrivit de son côté que le pape avait 130 000 écus de rente en bénéfices à pourvoir et plus de vingt évêchés dans ce nombre 3.
Tout se vendait à Rome, surtout les choses spirituelles. On lit dans une note de l'abbé de Rourlemont, datée de Rome, le 6 avril 1677 : « Les frais d'une dispense de bigamie sont plus grands que de toute autre irrégularité.
i. Correspondance de Rome, t. CCCXXIII, p. 115-122.