‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 252 sur 473 · Ibid., t CCXCIX, p · texte numérisé non relu

Ibid., t CCXCIX, p

cardinal, et ajouta : « Tels accommodements se nommeraient un peu simoniaques, hors de la cour de Rome; mais ici c'est la pratique ordinaire *. »

Ce n'était pas seulement Innocent XI qui était sensible à la thésaurisation, c'était aussi toute sa cour. Le cardinal •d'Estrées, qui usa de tant de ménagements envers les gens de la curie, écrivit cependant au roi, le 19 août 1684 : « On ne peut trop amasser de sujets de reproches sur des intérêts temporels, et plus on les attaquera sur des choses de cette nature, plus ils seront retenus sur les matières éclésiastiques 2. » Innocent XI en particulier passait une partie de son temps, quand il était en bonne santé, à compter et recompter. En janvier 1683, le cardinal Cybo lui proposa d'écrire une lettre de sa main à Sa Majesté; « il s'en est défendu, dit le cardinal d'Estrées, sur l'incommodité de sa main, quoiqu'il l'emploie tous les jours à faire beaucoup de comptes et de calculs sur les revenus de la chambre 3. » C'était évidemment là son grand travail et sa. grande préoccupation.

Un des moyens qu'il découvrit pour augmenter les revenus des douanes, fut de diminuer les franchises des .ambassadeurs. D'après une communication que le cardinal Cybo fit à l'auditeur de rote d'Espagne, en juillet 1677, le pape voulait réduire à 2000 écus par an, pour toutes choses, les franchises des ambassadeurs de l'empereur, de la France et de l'Espagne. En 1673, on voulait, d'après le duc d'Estrées, donner 3000 écus par an aux ambassadeurs, seulement pour l'ordinaire des franchises, « et sans y comprendre beaucoup de choses extraordinaires, qui pour le moins auraient monté aussi haut. » « Les dépenses des ambassadeurs, dit-il, et les impositions sur Rome et sur l'État ecclésiastique sont infiniment aug-

1. Lavardin au roi, le 2 décembre 1687 (Correspondance de Rome, t. CCCVII, p. 263-290).

Page 1