‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 256 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Le duc d'Estrées à Louis XIV, le 28 octobre 1082 : « Le pape a fait depuis peu une chose qui n'a pas diminué la haine que ses sujets ont pour lui et pour le gouvernement, lia aboli un mont dit Salé, que l'on peut nommer autrement une banque où les particuliers mettent leur argent et dont la chambre répond tant pour le principal que pour l'intérêt . Il est vrai que Sa Sainteté établira un autre mont, mais avec des conditions préjudiciables pour les particuliers, qui perdront du principal et du revenu. On dit que l'intention du pape est de faire la même chose de tous les autres monts. Si cela était, il en aurait de grandes sommes pour la chambre ou pour lui. » — Le H avril 1684, le duc envoya à Sa Majesté les renseignement suivants : Pour procurer plus d'argent aux Vénitiens contre les Turcs et pour dispenser le pape de prendre sur sa cassette, ses conseillers lui ont proposé « d'ôter aux religieux mendiants, sujets des Vénitiens, les lieux de Monts et autres acquisitions qu'ils peuvent avoir faites; et l'on se fondait sur ce que, par leurs institutions, ils ne le devaient et ne le pouvaient pas; qu'ainsi en les en privant, on ne leur faisait pas d'injustice. » Mais ce moyen a été jugé finalement, on ne dit pas injuste, mais « non praticable. » De plus, « on nous a assurés que le pape avait pris une résolution qui fera bien crieret avec raison les montistes, c'est-à-dire tout Rome, VEtat ecclésiastique et presque toute V Italie, dont les Génois sont les principaux et ont aux monts des sommes très considérables elle est d'ôter aux dits montistes trois cent mille écus par an, que l'on prétend être environ le quart de ce qu'ils tirent présentement pour l'argent qu'ils y ont mis. L'on suppute que cette somme de 300 000 écus par an fera celle de neuf millions d'écus romains, qui sont près de trente deux millions de livres de France. Voilà un grand denier que le pape aura tout à la fois, dont il ne s'est pas encore expliqué de l'usage qu'il en voulait faire1. »

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