Ibid., t. CCLXIX, 2<= suppl. de 1680/p
dix jules par rubio, qui est environ un septier et demi de France. » Le 2 décembre 1684, le duc d'Estrées dit que, pour diminuer l'odieux de sa réduction générale du 4 pour 100 à 3 pour 100 des monts, le pape consentirait « à ôter un jule dans Rome et deux dans l'État ecclésiastique1. » Nous verrons tout à l'heure ce que fut cette scandaleuse réduction des monts; nous verrons aussi les iniques tripotages de don Livio avec la chambre et le trésorier de l'épargne, le pape laissant tout faire. Servient remarqua avec raison, le 24 février 1685, que ces commerces détruisaient les fonds publics et amenaient la disette2. Le 13 janvier 1685, le duc d'Estrées manda au roi que, d'après un bruit répandu, le pape avait « l'intention de faire, touchant les vins qui viendraient à Rome par le Tibre, la même chose qui s'est pratiquée en ce pontificat et en d'autres pour le blé, que la chambre achète à un prix assez médiocre et ensuite vend bien plus cher aux boulangers, qui ne peuvent employer sous des peines rigoureuses que celui qu'ils reçoivent de la chambre. » Sur ce bruit, quelques cabaretiers fermèrent leurs boutiques3. Le 10 mars suivant, le duc avertit le roi que cette intention du pape n'avait pas encore eu de suite, « peut-être parce qu'on aura conseillé à Sa Sainteté de ne remuer pas l'affaire des vins dans le même temps que celles des monts, qui s'avance fort : car on y travaille, non seulement par extraction, mais aussi par réduction; et il y a bien des gens qui acceptent cette dernière voie parce qu'il y a quelque petit profit, étant exempts de payer la nouvelle patente qu'il leur faut, en remettant leur argent sur un nouveau mont4. »
Les calculs d'Innocent XI sur les monts sont suffisamment mis à jour dans les dépêches suivantes.
1. Correspondance de Rome, t. CCXCII, p. 365-371. -2. Mémoire du "H février 1685 à M>. de Croissy (ibid., t. CCXCVII, suppl. de 1685, p. 41-54).