Ibid., p
4. Le cardinal d'Estrées au roi, le 13 août 1689; (ibid., t. CCCXXII,
nona, dont il n'y a pas d'exemple dans les antres pontificats1. » En octobre 1088, Innocent XI diminua le prix du pain; mais sa générosité était, plus feinte que réelle, et il reprenait de la main gauche ce qu'il donnait de la droite. «, On a déjà remarqué, écrivit à ce sujet le cardinal d'Estrées, qu'en diminuant le prix du pain, on a retranché quelque chose du poids, par lequel cette diminution est compensée. Il est certain que le peuple n'en a fait paraître aucune joie2. » Ce détail fait assez bien ressortir le caractère avare et hypocrite d'Innocent XI. Toutefois en décembre 1680 il fit un etfort suprême, dont on doit lui tenir compte; le duc d'Estrées le raconta ainsi à Louis XIV : « Von veut que Sa Sainteté ait ôté deux impositions, l'une sur la viande de l'Etat ecclésiastique, que l'on prétend monter par an à 70000 écus, et l'autre sur le savon, qui est de beaucoup moindre conséquence. Elle y avait songé auparavant, mais elle ne l'exécutait pas, et la mort du général des jésuites a avancé cette décharge à ses peuples; car lui ayant été rapporté qu'il était mort, quoique sec, d'une fluxion sur la poitrine, il fit réflexion qu'il pouvait lui en arriver autant, et sur le champ il envoya quérir le commissaire de la chambre, et signa l'expédition de ces deux gabelles qu'il supprimait, ajoutant qu'il ne voulait pas laisser ce revenu à ses successeurs 3. »
Tels furent les moyens par lesquels Innocent XI fit fortune et s'acquit avec des revenus la réputation d'heureux financier.
Etudions maintenant son administration dans son ensemble, au point de vue moral surtout.