Le duc d'Estrées au roi, le 23 décembre
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 16 octobre 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXVI, p. 22-88).
3. Dépêche du 21 décembre 1686 (ibid., t. CCCII, p. 204-209).
Le 9 mars 1078, l'abbé de Servient écrivit de Rome à l'évêque de Marseille « qu'il y a beaucoup d'intrigues en cette cour..; que le pape écoute des gens qu'on ne connaît pas; » qu'on y agit par intérêt, etc l. Le 1 1 septembre 1682, il manda à M. de Croissy : « Les chagrins de Sa Sainteté augmentent sur les vices de sa cour. Ainsi sa santé s'atfaiblit. J'en ai des avis assurés. Il a eu du mécontentement contre don Livio, qu'on accuse de quelqus débauche; mais tout cela est comme dissipé2. » Le 21 octobre, il avertit le cardinal d'Estrées, à Rome, qu'il a eu une conversation intime avec le cardinal Ottoboni; que celui-ci s'est plaint de n'être pas aimé, mais calomnié, par plusieurs cardinaux, et « qu'il fallait distinguer les fourberies d'une cour où des gens passionnés et oisifs inventaient des menteries selon les conjonctures, et les ornaient de circonstances probables, se voyant en sûreté parce qu'on n'y use d'aucune confrontation3. » C'est ainsi que le vieux cardinal Ottoboni, qui connaissait à fond la curie et qui devait être Alexandre VIII en 1689, jugeait la cour et l'administration d'Innocent XI.
Une lettre en italien, ni signée ni datée, mais classée parmi les documents de 1682, prouve que les chrétiens, notamment les rois de France, n'ont pas manqué de contribuer à entretenir le pape dans un état convenable à sa dignité, mais que ce sont les papes et leurs neveux qui ont eu une mauvaise conduite, et qu'au lieu de leur accorder de nouveaux secours pour soutenir le lustre de Rome, les princes devraient faire rendre compte aux familles papales de leur mauvaise administration. Cette lettre mentionne que le luxe de la cour de Rome et le mauvais emploi des revenus du saint siège, sont criants ; et il est manifeste qu'elle critique la situation et la gestion des