Ibid., t. CCCXII, p
on en a besoin, pour contenter ses passions1. » Dans sa dépêche du 18, il dit encore que Rome est, une « cour que la religion ne gouverne jamais ; » que le pape et ses ministres ont une conduite « extravagante ; » que « la raison n'a nulle voix dans leur conseil et l'honneur n'y est jamais appelé2. »
Un fait qui démontre combien ces critiques étaient fondées, c'est que, même dans la canonisation des saints, acte qui devrait être essentiellement et exclusivement inspiré par la religion, des motifs étrangers à la religion ont tenu une très grande place. On lit, par exemple, dans le troisième mémoire du cardinal d'Estrées sur les cardinaux papables, à propos du cardinal Pietro Corsini : « Saint André Corsini, oncle de ce cardinal Pietro, fut canonisé à la prière de la France sous le règne de Louis XIII-, ce que sans doute la reine Marie de Médicis procura3. » Le 27 janvier 1677, le duc d'Estrées manda à Pomponne que les religieux réformés de l'ordre « de la Trinité et rédemption des captifs, » demandaient que l'on mît dans le bréviaire romain l'office semi-double des saints Jean de Matha et Félix de Valois : « Je l'ai obtenu avec très grande peine, dit-il, pour saint Nolasco du même ordre, à la prière que la reine en fit à Clément X, et je me souviens qu'un peu auparavant il avait refusé une pareille grâce à l'empereur, de sorte que je ne crois pas qu'on y puisse réussir présentement4. » Voilà donc les reines concourant à la canonisation des saints et k la réglementation de leurs offices liturgiques! Le 26 novembre 1677, Pomponne écrivit aussi, de Saint-Germain, au duc d'Estrées : « Voici, monsieur, un mémoire que la reine m'a remis et dont le roi m'a commandé de vous écrire. Vous voyez que c'est en faveur de la canonisation de la bienheu-