‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 266 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

5 Ibid., t. CCXLIII, p. 119-163.

6. Le cardinal d'Estrées au roi, le 1er mars 1689 (ibid., t. CCCXXI, p. 303-319).

et écrit de même : « Depuis tant de temps que j'étais à Rome, j'avais remarqué que l'on peut faire fonds sur l'amitié des gens de ce pays, tant et si longtemps qu'il y va de leurs intérêts à la maintenir, étant toujours prêts d'en rechercher d'autres qu'ils croient leur être plus avantageuses, et que celui qui peut le plus les aider à parvenir à leurs fins, est toujours le meilleur de leurs amis1. »

C'était donc l'intérêt qui faisait loi, c'était sur lui que tout se réglait à la cour du pape, même la morale et la religion. « Ils ne se servent de la religion, écrivit l'abbé de Servient, que pour parvenir à leurs fins; et ils se flattent par l'adresse, les longueurs et les fausses insinuations, d'étal3lir insensiblement, par degrés et gagnant un point après l'autre, une autorité temporelle sur tousles États du monde, sous l'apparence de la spirituelle, qui deviendrait extrêmement dangereuse et embarrassante pour les plus grands princes2. » Telles étaient les visées, tel était l'esprit de l'administration. On ne pouvait indiquer plus exactement l'objectif imposé à tous les ministres de la curie, et la méthode pour l'atteindre. — Lavardin, dont les appréciations et les idées avaient tant de conformité avec celles de Servient, a écrit aussi à Louis XIV, le 27 décembre 1688: « Jamais les motifs de la religion n'eurent si peu de part aux résolutions que l'on prend à présent. Je doute si la cour où je suis est catholique.. Justice et religion n'ont nulle part aux conseils de cette cour et ne seront entendues que par la bouche du canon3. » Le 14 janvier 1689, Lavardin ajouta : « La religion n'est jamais à Rome le motif de leurs actions, mais tout au plus le prétexte et le manteau dont on se sert, quand

1. L'abbé de Bourlemont à M. de Pomponne, le 10 mars 1676 (Correspondance de Rome, t. CCXLIII, p. 69-70).

2. L'abbé de Servient à M. de Croissy, le 22 avril 1682 (ibid., t. CCLXXX, p. 297-304).

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