A D M I N I S T R AT 1 0 N P A P A LE
comme des diables, canonisant des saints! D'autre part, on lit dans la dépêche du duc d'Estrées au roi, le 30 juillet 1681 : «Le pape ayant résisté fortement et longtemps aux instances que l'on lui faisait pour une béatification, il s'y détermina tout d'un coup et même eut impatience qu'elle fût faite, sur ce qu'en s' éveillant il lui vint dans l'esprit que Dieu la voulait et qu'il ne fallait pas la différer pour la gloire de Dieu1. »
Donc, l'administration d'Innocent XI n'était point basée sur des principes sérieux et stables, mais sur la versatilité des circonstances, et au lieu d'être inspirée par les intérêts religieux de l'Eglise, elle n'avait pour but que les intérêts temporels et la réalisation des projets ambitieux de la papauté. En outre, les dépêches prouvent encore qu'elle se fit par des expédients odieux, des artifices déloyaux, des actes dénués de droiture, dans lesquels la fourberie le disputa à la cupidité et à l'immoralité.
Divide et impera; la papauté a toujours cherché à brouiller les États afin de pêcher en eau trouble, à les affaiblir par la division afin de les dominer par sa propre unité. Innocent XI n'a simulé l'amour de la paix que pour mieux réaliser ses desseins perturbateurs. « C'est une opinion et une maxime établie ici, écrivit le duc d'Estrée à Louis XIV le 29 novembre 1678, que les papes ne peuvent être bien en repos que lorsque les couronnes sont en guerre 2. » Le 12 février 1682, le cardinal d'Estrées prémunit le roi contre « les artifices ordinaires » de la cour de Rome, et lui dit que le plus grand moyen de faire réussir une négociation n'était pas d'avoir raison, mais de ruser et d'affecter l'indifférence 3. Le même jour, Servient écrivit que « ces gens-ci, » c'est-à-dire les employés de la curie, « peuvent être difficilement égalés en patience , en détours, en