‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 270 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXIII, p

attachement acharné à leurs intérêts, en entêtement et en illusions *. » C'est Servient qui écrivit encore, le 3 août 1G83 : « Il faut être ici en grande défiance avec de pareilles gens, qui n'agissent jamais sincèrement que quand leur intérêt les y convie et force leur naturel 2. »

Le 12 mai 1677, le duc d'Estrées manda à Louis XIV que, d'après Cibo, le pape était mécontent du cardinalvicaire, qui, « ayant obtenu un bref de Sa Sainteté, avait rapporté diversement à M. Slusius ce qu'elle trouvait bon qui y fût compris, le voulant faire étendre davantage qu'elle ne lui avait dit; dont M. Slusius ayant averti M. le cardinal Gybo, il en avait informé Sa Sainteté, et que l'ordre pour le bref avait été révoqué. Peu de jours auparavant, le cardinal-vicaire voulant parler de quelque affaire au pape, il le renvoya au cardinal Gybo, ce qu'il n'avait pas encore fait 3. » Voilà donc le cardinal-vicaire pris en flagrant délit de tentative de faux!

Le 9 novembre 1683, le cardinal d'Estrées manda de Rome au roi que « les gens de ce pays-ci inventent, exagèrent, amplifient et travestissent volontiers les choses 4 ; » et le roi lui répondit de Versailles, le 3 décembre : « Vous avez bien raison de dire que les gens de la cour où vous êtes sont fertiles en inventions selon qu'il convient à leurs intérêts 5. » Le 14 octobre 1684, le cardinal répliqua : « On ne peut avoir trop d'attention à relever jusques aux moindres choses, qui d'ailleurs, et dans une cour moins subtile et moins artificieuse que celle-ci, devraient être méprisées 6. » Et le 23 juillet 1686 : « Nous avons à faire à des gens artificieux, entreprenants et timides en même temps,

1. Correspondance de Rome, t.CCLXXX, suppl. de 1682, p. 89-91.

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