Ibid., t. CCLI, p
était oncle de don Livio, fut toujours maltraité par Innocent XI l ; mais nous verrons que Cusani ne le mérita que trop d'ailleurs.
Il n'en fut pas de même du sénateur Herba. On lit dans une dépêche de Bourlemont à Pomponne, en date du 29 décembre 1676 : « J'ai su très assurément que les Espagnols font leur possible vers le pape, afin qu'il appelle au gouvernement son neveu qu'il a à Milan, nommé le sénateur Herba, qui est homme d'esprit, entreprenant et entièrement espagnol2. » Et le 10 juillet 1684, le ducd'Estrées manda cà Louis XIV que « Sa Sainteté ne manquait jamais d'écrire le samedi au sénateur Herba, qui avait le soin et était le directeur de toutes les affaires de sa famille 3. » Ce sénateur avait donc la confiance du pape pour les affaires domestiques, et il exerçait certainement de l'influence sur lui; car, d'après le duc d'Estrées, le pape aurait élevé au cardinalat le prélat Gallio, en 1681, uniquement « par le conseil du sénateur Herba et avec la condition qu'une de ses filles serait mariée avec le neveu d'e ce cardinal 4. » Ce sénateur avait en 1678 un fils de deux ou trois ans. Il avait aussi pour parent un abbé Olgiati, chanoine de Saint-Jean de Latran et « débauché, » dont il a déjà été question s.
Le pape avait une nièce, sœur de don Livio. Dans son mémoire du 30 décembre 1676, Servient en parla en ces termes : « Elle est âgée de vingt-cinq ou vingt-six ans, bien faite, ayant, plus d'esprit et de feu que son frère, moins soumise aux volontés de son oncle et de son père quand il vivait. » Elle aima le duc d'Alvito, de la maison
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 22 août 1689 (Correspondance de Rome, t. CCCXXII, p. 413-467).