Dépêche au roi (ibid.y t. CCXCV, p
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dinal Spinola lui avait fait savoir par le prélat Giorri un détail de sa dernière audience : le pape lui avait déclaré qu'il était résolu à faire don Livio cardinal, et « qu'il mettrait un homme auprès de lui, qui ne lui laisserait pas faire de fautes dans sa conduite. » En cela, remarqua d'Estrées, le pape se sera « humanisé pour son sang1.» L'humanisation du pape était d'autant plus grande que don Livio était de toute manière indigne du cardinalat, étant donné qu'on dût prendre cette charge ou cette décoration au sérieux. Le cardinal d'Estrées en convient luimême dans sa dépêche du 21 août : « Don Livio, dit-il, est séculier, il n'a fait jusqu'à cette heure aucune démarche d'ecclésiastique, n'a rien appris et ne sait rien de ce qui convient à cette profession, et d'ailleurs paraît d'un talent et d'une intelligence médiocres 2. » Le 23 octobre, il se flattait encore de faire partie de la prochaine promolion3 ; le 11 décembre, il pressait son oncle de hâter cette promotion, espérant y figurer4.
Mais, au printemps de 1686, lèvent capricieux tourna, la bise du cardinalat fit place à la brise du mariage. D'après une dépêche du duc d'Estrées, du 12 mars 1686, le prélat Gusani, un des deux alliés ci-dessus nommés, s'était rendu à Milan pour négocier, disait-on, le mariage de don Livio, dont il était l'oncle maternel, avec l'héritière Trotti, qui possédait de grands biens; mais il y avait une difficulté, c'est que le prélat Trotti, oncle de l'héritière, aimerait sans doute mieux attendre un nouveau pontificat pour marier sa nièce à quelque parent du nouveau pape, et pour « avoir par ce moyen sûrement le chapeau3. » Chose étrange et qui prouve combien les d'Estrées s'entendaient peu quelquefois, le même jour où