Ibid., t. CCXCVIII, p
le duc envoya la nouvelle précédente, le cardinal écrivit : « Don Livio ne songe point à se marier et n'aspire qu'au cardinalat1.» S'ils étaient renseignés sur la politique de don Livio comme ils l'étaient sur ses intentions cardinalices ou matrimoniales, ils ne pouvaient évidemment que compromettre le succès des affaires de France. Le 7 mai, le duc se fit l'écho du bruit public, à savoir que le pape ne voulait pas donner le chapeau à son neveu2. Effectivement, le 2 septembre, le pape créa vingtsept cardinaux, et don Livio n'en était pas; mais quelques-uns pensèrent que le vingt-huitième chapeau, resté libre, était pour lui3; le duc d'Estrées écrivit même, le 5 novembre, qu'on en donnait l'assurance4.
Cependant le temps passait, et le chapeau restait vacant. En mars 1688, le pape parla de son neveu en termes méprisants, peu dignes d'un cardinal projeté. Après avoir dit, en effet, à un cardinal que les Français persécuteraient peut-être son neveu, il ajouta : « Mais pourquoi s'en prendre à un slraccio, c'est-à-dire un chiffon, et l'on se sert de ce terme pour exprimer une chose de nulle conséquence5. » Le pape étant tombé gravement malade en juillet 1689, don Livio le pressa de faire une promotion, sinon dans son lit, du moins sur une chaise au milieu des cardinaux6. On ne dit pas s'il voulait toujours faire partie de cette promotion, mais il avait songé précédemment à devenir général de l'Eglise. Le cardinal d'Estrées écrivit en effet, le 26 juillet, à Lonis XIV : « On dit que don Livio a cessé depuis quelques jours sa