Ibid., t. CGCXXIII, p
du désir qu'avait ce neveu de se rapprocher de la France; celui-ci en avait fait confidence au cardinal Rospigliosi, qui le redit en grand secret au duc d'Estrées. Donc, don Livio voulaitretirer son bien du Milanais et de vingt autres lieux qui étaient sous l'obéissance du roi d'Espagne, et cela « pour n'être pas davantage dans aucune dépendance des Espagnols, et se trouver plus en état de pouvoir donner à Sa Majesté (Louis XIV) des marques de son respect et de sa reconnaissance de ce que lui et son oncle devaient au roi1.» Le 11 mai, Servient écrivit à Pomponne : « Il semble que le cardinal Cybo tâche de s'unir dans une plus étroite liaison avec don Livio et l'abbé Mugiaschi, son confident. On a des conférences la nuit chez don Livio, qui est retourné à Ceri pour quelques jours, après avoir eu une longue conférence avec le Père Recanati. Il est certain qu'on médite diverses résolutions2. » Selon Servient, ces manèges n'étaient qu'un artifice pour duper les Français. En février 1681, don Livio entretint une intelligence suivie avec Azzolini et les Espagnols par l'intermédiaire du prélat Del Giudice et d'autres3. D'après le cardinal d'Estrées, don Livio se plaignit à la même époque de Favoriti et de Luca, et il aurait voulu « trouver les moyens de les perdre4. » Dans sa dépêche du 11 mars, le duc d'Estrées assura Louis XIV qu'il se conformerait à son ordre de s'intéresser à don Livio en présence du pape, et il ajouta qu'en effet, selon le prélat Slusius, c'était un excellent moyen « de faire sa cour au pape3. »
En septembre 1681, don Livio accentua encore plus sa tactique, jusqu'à la rendre visible à tout autre qu'aux d'Estrées. 11 dit, en effet, au cardinal d'Estrées que,