‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 328 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXVI, 1er suppl. de 1683, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXVI, 1er suppl. de 1683, p

dois, par le zèle que j'ai pour le service du roi, avertir que, quelque nouvelle qu'on ait d'ailleurs, le parti d'Azolin, d'Ottobon et de Casoni se fortifie tous les jours près du pape *'. » Ce parti communiquait à Paris avec le nouveau nonce Rauucci, et avec Pallavicini, nonce de Pologne; l'abbé d'Enof s'unit à lui, et on lui promit en retour de le pousser au cardinalat; on n'oublia pas non plus Casoni.

Les procédés de ce parti ne furent pas moins coupables à cette époque que précédemment. « On a muré, écrit Servient, une porte d'un escalier dérobé par où passait un valet de chambre du pape, qu'on soupçonne avoir copié et vendu certains papiers tirés de la table de Sa Sainteté, quand elle dort le jour dans une autre chambre. On veut qu'il y ait des ministres du palais mêlés dans cette intrigue qui n'est pas encore bien éclaircie 2. »

Avec les vols, les fausses visions. En juillet 1685, M. Piazza, assesseur du saint office, dévoila à Innocent XI les fourberies du célèbre Molinos. « L'assesseur, dit le cardinal d'Estrées dans sa dépèche du 31 juillet, a continué d'en parler à Sa Sainteté avec tant de force qu'elle commence à cette heure à douter de la probité de Molinos; et ce qui lui fait plus de peine, c'est qu'on a démêlé qu'une ou deux révélations dont le pape avait parlé à beaucoup de gens, et dont il paraissait très persuadé, étaient venues d'une religieuse du diocèse de Narni, que l'évêque ayant examinée depuis peu, avait trouvée pleine d'orgueil et de présomption, voulant communier tous les jours et se confessant rarement, et presque la plus imparfaite du monastère. Le pape a reconnu aussi la friponnerie et la méchanceté d'un sonneur de cloches de Saint-Pierre, mort depuis peu, que

1. Mémoire du 26 juin 1685, t. CCXCVII, suppl. de 1685, p. 135-

2. Mémoire du 7 août 1685 (Correspondance de Rome, p. 174-178).

Favoriti lui faisait passer pour un saint et qui pratiquait l'oraison de quiétude *„ »

D'après le cardinal d'Estrées, ce serait Casoni et d'Enof qui, de 1083 à 1686, auraient « nourri dans l'esprit du pape toutes les méchantes impressions contre M. de Beauvais et qui l'auraient porté à ces excès d'aversion où il est venu 2. » Cependant, dit l'abbé Mélani, a le cardinal Cybo, qui est le principal acteur dans le spectacle que le pape donne à toute la terre, continue à dire qu'il n'y a aucune part. Ses émissaires publient que le cardinal Azzolin et Casoni sont les deux personnes en qui le pape a la confiance 3. » Quoi qu'il en soit, le 26 août 1687, le cardinal d'Estrées, parlant d'Enof, dit que le pape était « fort dégoûté de cette créature; » qu'il ne lui avait donné que l'évèché de Césène, qui ne rapportait que quinze cents écus romains, et que d'Enof en était « fort mortifié 4. » Dans une conversation qu'il eut avec le commissaire du saint office, le pape lui dit : Priez Dieu qu'il nous ôle bientôt de ce monde, nous nous voyons inutile à son Eglise, et répéta : Qu'il nous retire de ce monde. Le commissaire voulut lui dire qu'il était toujours en état de donner ses ordres, et qu'il aurait des ministres fidèles et affectionnés pour les exécuter. Il répondit : « Quels ministres? Nous sommes trahis de tout le monde. Quels ministres ? Priez Dieu qu'il nous ôte de ce monde, signor comniissano, et donna sa bénédiction 5. » Dans sa dépêche du 30 décembre, le cardinal d'Estrées manda au roi qu'il fallait se défendre contre la cour de Rome, et faire « un grand et prompt

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