Dépêche du duc d'Estrées au roi, le 2P> août
2. Correspondance de Rome, t. CCLXXXI, 2e suppl. de 1G82, p. 211-218.
3. Dépêche de l'abbé de Servient, le 21 septembre 1G82 (ibid,, p. 232-210).
la première promotion ; que Favoriti et Azzolini avaient alors a un commerce réglé avec Sa Béatitude1. »
C'est sur ces entrefaites, le 13 novembre 1682, que Favoriti mourut. La cabale n'en fut pas ébranlée, parce qu'il s'était ménagé un autre lui-même dans la personne de son neveu Casoni, qui avait, en effet, le même caractère, la même habileté, le même point de vue. Le pape remplaça donc Favoriti par Casoni, et les intrigues continuèrent leur cours. Cependant, en janvier 1683, don Livio et les camériers secrets, jaloux sans doute de la fortune rapide de Casoni, s'efforcèrent de le traverser de tout leur possible auprès du pape2, mais en vain. La mort du cardinal deLuca,qui arriva au commencement de février, ne fit que consolider encore la position de Casoni: car, à mesure que, sous les coups de la mort, les rangs s'éclaircissaient parmi les conseillers intimes du pape, celui-ci sentait le besoin de se presser davantage contre ceux qui lui restaient.
Déjà, dans sa dépêche du 27 avril 1683, le cardinal d'Estrées était contraint de reconnaître que le pape s'ouvrait plus à Casoni qu'aux cardinaux Cibo et Rospigliosi3 ; et le 11 mai, Servient écrivit que l'amitié d'Azzolini grandissait de plus en plus ; que Casoni était un autre Favoriti, qu'il dominait Cibo, et qu'il empêcherait les d'Estrées de rien conclure 4.
En juin 1683, les principaux conseillers du pape étaient Ottoboni, Azzolini, Casoni et Pio. Ils l'influencèrent de plus en plus dans le sens autrichien, et le poussèrent toujours davantage à une rupture avec la France.
Deux ans plus tard, Servient écrivit à Croissy : « Je
1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXH, 3e suppl. de 1682, p. 22-27.
2. Dépêche du cardinal d'Estrées au roi, le 21 janvier 1683, t. CCLXXXV, p. 102-206.