‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 330 sur 473 · Ibid., t. CCCXIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXIII, p

6. Dépêche de Lavardin au roi, le 3 février, 1688, t. CCCX, p. 100-120.

n'être pas assez fier. « Pardonnez, sire, dit Lavardin, si je rapporte les mots que ce cardinal prononça après être sorti, sauf le respect que je dois à Voire Majesté : Dopo tante consulte faremo bellissima cacàta l. » Le cardinal Pamfili était aussi de la cabale à cette époque, et il parlait, dit Lavardin, « comme un fol et un visionnaire 2. »

« Les amis et émissaires de Casoni, tels Bichi, Portas, Schelestrat et autres, empoisonnent tout 3... Cette cour est plus audacieuse que jamais contre les Français 4. » Elle avait, en effet, l'audace de tenter de nouveaux miracles pour surexciter la superstition d'Innocent. « Je suis averti, écrit Lavardin au roi le 28 septembre 1688, que, afin de se jouer de la religion, l'on inédite de faire faire quelque faux miracle par le pape, et de le débiter comme vrai. Peut-être croira-t-il l'avoir fait3. » Effectivement, Lavardin raconte, dans sa dépêche du 5 octobre, qu'un capucin bourguignon, nommé Epiphanie de Moirans, qui avait été l'an passé à Bordeaux, et qui écrivait sur les affaires d'état et sur la sainteté de Molinos, croyait avoir des révélations fréquentes et des conversations avec Jésus-Christ, révélations et conversations dont il rendit compte au pape par V entremise de Casoni 6. Lavardin le traite de « fou ; » il n'en était pas moins l'instrument de Casoni pour dominer le pape, et dans sa dépèche du 16 du même mois, Lavardin dit encore : « J'ai su que le confesseur du pape a raconté qu'il avait été, par ordre du pape, consulter ce novice des Augustins déchaussés qui parle si familièrement avec saint Gaétan 7. »

1. Dépêche du 24 février (Correspondance de Rome, p. 171-183).

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