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Le pauvre pape, que ses infirmités rendaient encore plus craintif et plus faible, était tellement maîtrisé par les chefs de la cabale, que ceux-ci lui dictaient et lui faisaient apprendre par cœur ce qu'il devait dire en public. « On doit faire apprendre par cœur au pape, écrit Lavardin le 26, un discours plein d'aigreur et de plaintes vives, pour prononcer au premier consistoire *. »
Le succès des faux miracles et des fausses révélations sur le pape enhardissait la cabale et lui faisait fabriquer de nouvelles lettres, destinées comme les précédentes à l'usage de Sa Béatitude. Le 2 novembre, le cardinal d'Estrées écrivit au roi qu'on croyait que quelques-unes des lettres montrées au pape pour lui faire croire que le prince d'Orange nourrissait seulement des projets favorables aux catholiques, étaient faites à Rome, et que le pape voyait maintenant qu'on l'avait trompé ; il ajouta que le commissaire de la chambre, Santo-Pilastri, qui était « le minisire le plus confident du pape après Casoni, » et qui avait dressé par son ordre la bulle des quartiers, croyant « .assurer par là son cardinalat, » venait de mourir2.
Cette mort dut évidemment frapper l'imagination du vieux pape. Il est certain qu'il fut, en décembre 1688, découragé au point de vouloir quitter le pontificat; du moins il fit part de ce projet à son confesseur, qui lui répondit : « Il n'est pas nécessaire de quitter le pontificat, il suffit d'éloigner les mauvais esprits qui ont causé tous ces embarras3. » Le cardinal d'Estrées, qui rapporte ce fait, dit que Casoni était défendu non seulement par Casanatta etAzzolini, mais encore par Ottoboni. Le pape tenait profondément à Casoni ; car, en janvier 1689, le