Le duc d'Estrées au roi, le 1er octobre
que le cardinal Azzolini l'en avait détourné; que Favoriti était mal avec le cardinal Lauria, qu'il accusait d'avoir donné aux Français une copie de la constitution, et d'avertir le cardinal d'Estrées de tout ce qui se faisait dans la congrégation, par la voie du cardinal Chigi; enfin, que le crédit de Favoriti augmentait auprès du pape, qu'il était « tout-puissant, » qu'il avait, ainsi qu'Azzolini, « un commerce réglé avec Sa Béatitude ; » qu'on ne pouvait par conséquent rien conclure sans eux ; que leurs intrigues à Rome et à l'étranger contre les affaires et les doctrines de France s'étendaient de plus en plus, et que le pape avait « positivement promis à Favoriti le cardinalat dans la première promotion1. »
Mais, pendant que Favoriti se préparait à entrer enfin au port si désiré du cardinalat, un coup de vent contre lequel les hommes ne peuvent rien brisa son navire. Sa maladie s'aggrava. Le 4 novembre, le duc d'Estrées manda au roi que, depuis cinq jours, il avait une fièvre continue, et qu'il était si détesté qu'on ne désirait pas sa guérison. Le 12, le cardinal d'Estrées dépêcha à Louis XIV qu'il avait reçu l'extrême-onction, et que « les empressements scandaleux » des Espagnols auprès de lui montraient combien il leur était dévoué. « 11 envoya, ajouta le cardinal, demander au pape par son confesseur le pouvoir de l'absoudre des cas réservés, il fit demander quelque temps après la même chose par le médecin, et le pape parut étonné de cette répétition"2. » Le lendemain, vendredi 13, il mourut, âgé de cinquante-huit ans et dix jours.
Dans sa dépêche du 19, Servient nota les particularités suivantes : « Dorât, chanoine de Pamiers, qui a fort contribué à nourrir les différends avec la France, ne Fa pas abandonné un moment et l'a veillé toutes les nuits. » Il est mort dans le palais même du pape. Le comte Gasoni, son cousin (sic), hérite de ses papiers. L'héritier de sa