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licence pour un homme « d'une vie notoirement débordée jusqu'aux douze dernières années qu'il a vécu... n'était pas honorable au pape, » et que les Français ne souffriraient pas une telle indignité sans défigurer ce beau monument. Le cardinal d'Estrées, après avoir ensuite proposé à Louis XÏV d'en faire briser les statues commencées, ajouta : « Ou si Votre Majesté ne juge pas qu'on doive s'en prendre à des pierres, il sera bon au moins, dès qu'elles paraîtront, par une description vive et naturelle de la personne et des qualités de Favoriti,de rendre cette pompe ridicule et méprisable, aussi bien que le choix d'un tel ministre1. »
Le 13 août, Louis XIV répondit de Versailles au cardinal qu'il ne voulait pas honorer la mémoire de Favoriti par des marques de son ressentiment2. Le 3 septembre, le cardinal répliqua : « Il est constant que la chose en soi est plus digne du mépris que de l'attention de Votre Majesté ; mais les esprits sont faits d'une manière en ce pays-ci, que ces vaines ostentations souffertes ou dissimulées peuvent inspirer plus d'audace et d'insolence aux gens de mauvaise volonté3. » En 1685, le procès de Molinos, ami de Favoriti, dévoila certaines particularités qui n'étaient point à l'honneur de ce dernier, notamment les fausses révélations que Molinos organisait avec certaines de ses adeptes et que Favoriti faisait ensuite valoir aux yeux du pape comme des révélations divines pour le service de sa cause4. Ce fut dans tout Rome un scandale et une gorge chaude; et, sous leur monument superbe, les restes de Favoriti durent en tressaillir de honte.