‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 365 sur 473 · Ibid., t. CCLXXVII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXVII, p

6. Dépêche au roi, le 22 octobre 1681 (ibid., t. CCLXXII, p. 275- 310).

cardinal de Luca et l'ardeur avec laquelle il prenait le parti qu'il embrassait, mécontentèrent sans doute le pape : car, le 3 décembre, le duc d'Estrées dépêcha au roi que Sa Sainteté avait eu une grande colère contre Son Eminence1. A quelle occasion? Les dépêches ne le disent pas. Un certain silence se fit autour de Son Eminence jusqu'en mai 1682. Le 14, Servient écrivit, toujours dans le même sens, à Croissy, à savoir : que de Luca pourrait bien se ranger avec les brouillons, « comme il l'avait fait dans la congrégation des cortèges et dans d'autres ; » qu'il était très personnel, qu'il entendait les solutions à sa façon, qu'il cassait tout lorsqu'on lui résistait; enfin que les négociations entamées à Rome avaient pour but d'empêcher d'agir en France2. Le cardinal d'Estrées, au contraire, écrivit, le 4 juin, que de Luca était de plus en plus partisan d'un accommodement avec la France 3. Dans d'autres dépêches, il manda que ce cardinal était piqué de ce qu'en semblait retarder àdessein les séances de la congrégation concernant les affaires de l'assemblée du clergé, depuis qu'il en faisait partie ; que le cardinal Ludovisio, subissant d'autres influences, voulait que la congrégation procédât plus lentement4; que de Luca s'était plaint au pape de l'existence d'une cabale autour de lui; que celte cabale ne se bornait pas à vouloir le discréditer auprès de Sa Sainteté, mais qu'elle s'efforçait d'abréger les jours de Sa Sainteté même, pour s'emparer du pontificat5.

Ce mois de juin 1682 fut une des époques les plus agitées de la vie de ce cardinal. La colère et la jalousie de ses ennemis semblèrent alors à leur paroxysme, comme je l'ai constaté précédemment. Il fut accusé à peu près de tout, même de n'avoir pas de conscience. Néanmoins il

Page 1