‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 364 sur 473 · Ibid., t. CCLXXII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXII, p

donné la liste des nouveaux cardinaux à Luca, avec ordre de la copier et d'en dresser le décret1.

Ici comme dans la plupart des autres cas, ce fut Servient qui s'aperçut le premier du piège tendu par le pape à la faction de France. Dans un mémoire qu'il envoya à Croissy à l'occasion de la promotion, il opina qu'il ne fallait pas compter sur Luca, parce que, dit-il, « s'il entre une fois en matière, il nous sera plus embarrassant et plus contraire que favorable2. » La pasquinade sur les Promotione de' cardinali disait : « De Luca, Lauria, due villanP. » Servient insista dans sa dépêche du 1er octobre : il y exprima sa crainte qu'on ne se trompât en se confiant à Luca, comme on s'était trompé avec Odescalcbi et Cibo ; il remarqua que Luca cherchait à bien vivre avec Cibo, qu'il pourrait le déplacer si le pontificat était de durée, et qu'il inclinerait au mariage de don Livio « pour s'assurer la première place au palais; j> et, après avoir signalé ses prétentions, il rappela ses attaches avec l'Espagne, « Ricci, dit-il, est presque l'auteur de l'affaire de la régale, et de Luca ne nous a fait obtenir aucune grâce pour le roi, et en a obtenu cinq ou six pour l'Espagne4. » Le 20 novembre, Servient écrivit de nouveau qu'il était fort dangereux de Iraiter avec de Luca, bien qu'il détestât Favorite.

Pendant ce temps, le duc d'Estrées, tout aux amabilités du prélat Slusius, s'étonnait qu'il n'eût pas été, avec Panciatici, de la promotion, et semblait s'en consoler en pensant que Luca était « tout à fait des amis » de ce Slusius0. Mais, en décembre, le tempérament chaud du

1. Le cardinal d'Estrées au roi, les 10 et 15 septembre 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXIV, p. 262-305).

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