‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 37 sur 473 · Correspondance de Rome. p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome. p

grand cardinal », et pour lui dire qu'il ferait connaître au roi ses nobles sentiments1.

Le 19, le duc envoya deux réponses au cardinal de Retz. — Dans la première, il est dit que, vu l'explication donnée l'avant-veille par Leurs Eminences, « il n'y a pas de doute qu'il faut concourir à M. le cardinal Odescalchi ». Le duc est enchanté des lettres que « nos amis» (Rospigliosi et Chigi) prétendent écrire en France touchant cette exaltation; il charge le cardinal de Retz d'exprimer à Odescalchi les sentiments favorables de Sa Majesté, de lui bien représenter ce qui s'est passé dans le dernier conclave et dans celui-ci, de le persuader que Sa Majesté, en faisant tout ce qui dépend d'elle pour son exaltation, lui donne la plus grande marque d'estime pour son mérite, et qu'elle est assurée d'en recevoir des marques de justice et de bonté. Enfin, le duc engage le cardinal à lui faire ressortir toute l'importance du choix d'un ministre non suspect à Sa Majesté 2. — Dans sa deuxième réponse, le duc dit qu'aussitôt qu'Odescalchi sera pape, il importe que Son Eminence lui parle des préjudices que le roi a éprouvés dans le dernier pontificat par suite de la mauvaise conduite d'Altieri, de la modération du roi en face de telles injustices, et de l'espoir qu'il fonde sur les sentiments d'Odescalchi qu'il sera un autre Clément IX. Le duc engage les autres cardinaux français à lui parler en ce sens3.

Le dimanche 20, l'ambassadeur remit au sacré collège la lettre de Sa Majesté, qu'il avait gardée jusque-là; et, à cette occasion, il prononça un discours sur ce thème : que Sa Majesté souhaite un saint pontife, qui « s'attire la vénération des princes et des peuples, retranche les abus, remédie aux besoins et remplisse tout le christianisme de l'état de ses vertus l ». Comme tout le monde

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