Ibid., p
Sa Sainteté1. Servient pensa de même: il estima que Casoni serait aussi dangereux que Favoriti2, bien que son confident fût « très bien intentionné » pour les affaires de France3. On lit encore dans la dépêche du duc d'Estrées à Louis XIV, en date du 16 décembre: « Casoni, nonobstant ce que le pape a décidé en faveur du cardinal Cibo sur le sujet de la secrétairerie d'État, dont j'ai informé Votre Majesté, continue avec une témérité extraordinaire à y vouloir entreprendre, et même ces jours-ci il ne voulait pas donner les lettres chiffrées à ce cardinal, qui fut obligé, pour les avoir, de les lui faire demander trois fois. Il n'y a pas à douter que cette témérité de Casoni est inspirée et soutenue par la reine Christine, Azzolini et Ottobon, qui sont les directeurs de sa conduite, tant afin qu'il essaye de se rendre par ce moyen-là, comme avait fait Favoriti, plus considérable, que pour diminuer le crédit du cardinal Cibo et le rendre moins propre à faire du bien et à s'opposer à leurs pernicieuses intentions... Casoni voit le pape certains jours que son emploi de secrétaire des chiffres le demande ; mais du reste il n'en a point de fréquentes audiences; il est fort assuré que le maître de chambre de Sa Sainteté, qui par un pur zèle pour son maître ne le hait pas moins qu'il faisait Favoriti, s'y opposera autant qu'il lui sera possible, et jusques à cette heure il n'y a pas mal réussi. Toute la chambre secrète et tous ceux qui travaillent à la secrétairerie d'État sont dans les mêmes sentiments pour Casoni que le maître de chambre du pape ; mais cependant, comme Sa Sainteté ne communiquera apparemment qu'à lui les commerces secrets qui passaient uniquement par Favoriti, il est difficile qu'elle ne s'ouvre de beaucoup de choses à Casoni. »