‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 374 sur 473 · Dépêche du 17 décembre 1682 (ibid., p · texte numérisé non relu

Dépêche du 17 décembre 1682 (ibid., p

Servient, qui connaissait particulièrement le confident de Casoni, ménagea tout d'abord ce dernier, pour essayer de le sonder et, s'il était possible, de se l'attacher. Mais Casoni suivit la même tactique que son oncle; il affirma en pareil cas de bonnes dispositions pour la France1. Il n'en était rien. Toute son affection était pour le pape et pour les choses que le pape aimait ; il en épousait les colères et les haines comme les amours. Aussi, bien que Sa Sainteté ne fût pas aussi satisfaite de son latin que de celui de Favoriti, lui donnait-elle des preuves de grande intimité, par exemple, de « fréquentes audiences dans les heures les plus distinguées, comme au lit et en d'autres fonctions pendant lesquelles les autres ministres ne sont pas écoutés2. » Naturellement don Livio et les camériers secrets furent jaloux de telles faveurs, et ils s'efforcèrent de traverser leur rival auprès du pape3, mais ce fut en vain.

Casoni « travaillait sur les plans de son oncle 4. » Comme lui il entretenait des commerces secrets avec ses amis de l'étranger; comme lui il était la tête de la cabale papiste; comme lui il communiquait au pape, chaque jour, tout ce qui pouvait l'agacer, l'irriter contre le gallicanisme et contre la double thèse de la liberté des Églises et des États. Décidément, écrivait le cardinal d'Estrées, Casoni est un hypocrite, il ne faut pas croire à ses bonnes paroles, et il monte le pape comme faisait Favoriti. Le cardinal Rospigliosi en était convaincu, et il le dit luimême au cardinal d'Estrées3. Le 11 mai 1683, Servient, écrivit à Croissy que, lors du départ de Ranuzzi pour

1. Servient à Croissy, le 24 décembre 1682 (Correspondance de Rome, t. CCXXXtt, p. 99-100).

2. Le même au même, le 14 janvier 1683 (ibid., t. CCXXXVI, p. 12-15).

3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 21 janvier 1683 (ibid, t. CCXXXV, p. 192-206).

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