‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 417 sur 473 · Ibid., t. CCLXXIV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXIV, p

fin de ce même mois de juillet, il pressa le pape de prévenir l'assemblée du clergé de France par une solution, lui faisant représenter par le cardinal Cibo que, s'il se laissait aller à une constitution, « il ferait un mal irrémédiable sans espérance d'aucun bien f. » Et, évidemment, la solution hâtive qu'Ottoboni réclamait était une condamnation.

Le 20 août, le cardinal d'Estrées, encore naïf, manda au roi : « Le cardinal Ottobon me rendit hier la visite publique que je lui avais faite comme aux autres du sacré collège, et, dans un long entretien qu'il eut avec moi, il me parla de telle sorte qu'il serait le plus double et le plus artificieux homme du monde, s'il ne conseillait toutes les voies qui peuvent porter à l'accommodement. Quoique ce ne soit pas un homme à prendre tout ce qu'il dit au pied de la lettre, cependant il serait bien étrange qu'il parlât avec une si indigne dissimulation. U entêtement du pontificat, qui semble se réveiller en lui plus que jamais, contribue à me persuader sa bonne foi. Le pape lui parla il y a quelque temps de la pensée de réduire le sacré collège au nombre de cinquante, et l'on m'a dit qu'il ne le contredit pas sur cela 2. » On voit combien le cardinal d'Estrées est embarrassé dans cette lettre ; il cherche à se persuader de la bonne foi d'Ottoooni, mais il n'y est aidé que par une considération bien fragile; il se défend autant que possible, de croire à sa duplicité, mais elle perce visiblement sous les dehors qui la recouvrent mal, et en somme il laisse à Louis XIV la possibilité de le juger aussi sévèrement qu'il voudra.

Huit jours après, lorsque Vanhec (sic), augustin flamand, lut son rappport contre le procès-verbal de l'assemblée du clergé et demanda qu'il fût censuré, Ottoboni ne put s'empêcher de convenir que ce rapporteur faisait

1. Billet de l'abbé de la Pérouse, le 30 juillet 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXIV, p. 143-144).

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