‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 416 sur 473 · Dépêche du 20 février 1681 (ibid · texte numérisé non relu

Dépêche du 20 février 1681 (ibid

Les d'Eslrées ne comprirent malheureusement pas la gravité de cette situation ; ils atténuèrent la vérité, dans de bonnes intentions sans doute, avec un désir sincère de conciliation, mais ils en furent les dupes, et l'Église de France avec eux. Donc, d'une part, le cardinal d'Estrées écrivit au roi, le G février 1681, qu'il fallait punir les cardinaux Azzolini et Carpegna, mais il réclama quelque ménagement en faveur d'Ottoboni x ; le 16 avril, trompé par quelques apparences d'apaisement, il assura à Louis XIV qu'Ottoboni continuait à être modéré, ainsi que Carpegna et même Azzolini 2 ! Le duc d'Estrées, d'autre part, seconda son frère dans cette voie, quoique avec plus de circonspection; le 11 mars, il avertit Sa Majesté que les cardinaux Ottoboni et Carpegna semblaient revenus à de bons sentiments, « mais, ajouta-t-il, ils ont si mal fait par le passé qu'il faut avoir de grandes preuves, et bien solides, de leur repentir pour le croire véritable 3. » Il se méfiait encore.

La république de Venise se plaignit aussi de l'attitude extrême d'Ottoboni. <.< On suppose, écrivit le cardinal d'Estrées le 2 avril, que la république de Venise a fait sentir au cardinal Ottobon qu'il devait porter les choses à la modération4. » Dans son mémoire du 23 juillet 1681 sur les sujets papables, le cardinal d'Estrées dit qu'Ottoboni se flattait de quelque espérance, mais que tout en témoignant du respect pour Sa Majesté depuis quelque temps, cependant il était « un des trois, lesquels, prévenus par les impostures du livre de l'évêque de Pamiers, ont porté les choses dans le grand engagement où elles se trouvent 5. » La preuve que ce respect extérieur envers le roi de France n'était de sa part qu'une politesse habile et non un désir de lui donner satisfaction, c'est que, à la

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