Ibid., t. CCLXXXIII, p
gnorait pas leur mauvaise conduite à son égard l. Placé entre cette froideur du pape et ce mécontentement de Louis XIV, Ottoboni se sentit dans une position qui pouvait compromettre ses visées ambitieuses et ses espérances d'avenir. Il comprit qu'il fallait virer de bord, et, vers le 19 mars suivant, dans une congrégation secrète, il fut d'avis qu'on devait viser aux moyens de procurer un accommodement avec la France. C'était un moyen de se réhabiliter auprès de Louis XIV et de rendre son pontificat plus facile à réaliser 3. Il avait aussi écrit à Sa Majesté une lettre de bonne fête, et le roi y avait fait une réponse que Servient lui avait remise vers le 25 février. « Ottobon, dit Servient, baisa la lettre, la reçut presque avec larmes, protesta de son respect, son attachement, sa vénération pour le roi, son inclination pour la France et sa reconnaissance pour M. le cardinal 3. » Si cette protestation d'Ottoboni eût été vraie, elle eût été la rétractation de toute sa vie.
Aussi ne tarda-t-il pas à lui infliger un démenti. A la fin de mars, dans une congrégation où l'on discuta ce que le saint siège devait faire contre l'assemblée du clergé de France, il s'y montra « rude et opiniâtre, » dit le cardinal d'Estrées, et la trop grande dureté de son sentiment fut combattue même par le cardinal Colonna4. Le mois suivant, le cardinal d'Estrées lui-même n'hésita pas à le compter parmi les ennemis de la France. Il s'agissait de l'affaire des cortèges; le pape, pour la résoudre, avait convoqué une commission de six cardinaux, parmi lesquels se trouvèrent les inséparables et inévitables Ottoboni et Azzolini; alors, le cardinal d'Estrées fit à Cibo « des