Correspondance de Rome, t. CCLX XXIII, p
2. On lit en marge, de la main même de l'abbé de Servient : « N. 11 voulait faire entendre Ottobon, Asoline. Casanatta, sans les nommer. »
3. Servient à Croissy, le 25 juin 1682 (ibid., t. CCLXXXI, p. 36- 47).
LE CARDINAL OTTOHONI. 519
conséquent Ottoboni, dit à la reine de Suède qu'ils avaient falsifié une de ses écritures touchant la régale. C'est par de tels moyens qu'ils combattaient les doctrines françaises1. Le 9 août, Servient, indigné de tant de haine et de fourberie, conseilla à Colbert de Croissy de faire faire des démarches auprès de la république de Venise, pour qu'elle privât Ottoboni de son titre de protecteur de Venise, de son caractère officiel de seul représentant de la république près de la cour de Rome, et de son logement au palais que cette république possédait à Rome. « Gomme il est extrêmement avare, ajouta-t-il, ce sera un coup de massue pour lui, » en même temps qu'un découragement pour la coterie. Dans cette même dépêche, Servient rapporta que Sa Sainteté venait de se rapprocher encore davantage du cardinal de Luca, parce qu'elle avait découvert une fourberie d'Ottoboni, d'Azzolini et de Favoriti2.
Dans son audience du 1G août, le duc d'Estrées dit franchement au pape ce qu'il pensait d'Ottoboni. « Je poursuivis ce discours, écrivit-il au roi le 26, en lui faisant connaître que l'on ne s'étonnait pas moins qu'il eût la même confiance, pour les affaires les plus importantes, qu'elle pourrait peut-être avoir de sa vie pour elle et pour le saint siège, au cardinal Azzolini, aussi peu théologien que Favoriti, et à Ottobon, tous deux ses ennemis bien plus que de la France, qui avaient commis un si grand crime en lui ôtant le pontificat dans le conclave de Clément X ; qu'elle se souvenait sans doute bien du billet que le cardinal de Bouillon lui montra la veille de son exaltation, par lequel elle avait connu fort clairement la fourberie et l'artifice du cardinal Azzolini, pour empêcher qu'on ne le choisît pour remplir la chaire de Saint-Pierre; qu'elle n'avait pas aussi oublié qu'elle s'était retirée de ces escadronistes immédiatement après le conclave d'Alexandre VII,