‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 425 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXVI · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXVI

signala de nouveau le 20 juillet en ces termes : « Ottobon a une intelligence parfaite avec le cardinal Pio pour engager le cardinal Cibo de servir l'Espagne et l'Italie, de réunir le pape et la république de Venise, pour traiter ensuite une ligue défensive. » Servient loua en même temps sa « capacité », et nota son « flegme1. » Le 3 août, le duc d'Estrées envoya à Louis XIV la nouvelle suivante, en remarquant toutefois qu'il n'en pouvait pas démontrer la certitude :{« L'on prétend... que le cardinal Ottobon, dans le désir et l'impatience d'avoir pour le prélat Rubini, son neveu, l'évêché de Vicenze, qui vaut 8 à 10 000 écus de rente, avec 50 ou 60 000 écus de revenus des années passées depuis qu'il vaque, a avancé certaines choses de la part da la république de Venise, dont il n'avait pas d'ordre. Mais le cardinal a été trompé dans l'espérance qu'il en avait, le pape n'ayant donné à Rubini que l'évêché de Trévise, fort inférieur en toutes manières à l'autre ; et il témoigna être peu satisfait de Sa Sainteté"2. » Le 24 du même mois, le duc, revenant sur les affaires de Venise, ajouta que ce cardinal était très blâmé publiquement « d'avoir avancé certaines choses de la part de la république de Venise, dont elle ne V avait pas chargé, et envoyé desréponsesde Sa Sainteté, qu'elle ne lui avait pas données 3. » On peut juger par ce détail du degré de déloyauté auquel ce cardinal était parvenu, avant même son élévation à la papauté. Et si Ottoboni eut alors à se plaindre du pape, le pape à son tour se plaignit d'Oltoboni et de ses procédés. Ottoboni mécontenta aussi le cardinal Basadonna, qui le traita en ennemi. Parlant encore d'Ottoboni, le duc d'Estrées écrivit le 30 : « On ne le tient pas habile pour les affaires, quoiqu'il ait beaucoup d'esprit 4. »

On verra que, comme pape, il employa son esprit à jouer admirablement le duc de Chaulnes et la cour de

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