Ibid., p
France, et que, sous ce rapport, il fut le digne successeur d'Innocent XL Mais, au point de vue de l'honnêteté, le cardinal d'Estrées, qui fui cependant si indulgent pour lui, ne l'estima pas meilleur que le cardinal Azzolini; d'Estrées formula ce jugement dans sa dépêche du 9 novembre 4683 * . Le 30 du même mois, Servient manda qu'une congrégation extraordinaire s'était tenue chez Ottoboni, dans le but de faire condamner l'ouvrage du Père Noël Alexandre, ouvrage dans lequel la doctrine de l'assemblée du clergé était enseignée. A cette même date, les difficultés entre Rome et Venise existaient toujours par la faute d'Ottoboni, et le pape avait parlé à ce dernier « fort rudement2. » Ottoboni chercha à radoucir le pape, en' votant, comme membre de la congrégation d'État, en janvier 1684, toutes les mesures que Sa Sainteté pouvait désirer pour aider l'empereur et le roi de Pologne 3.
Dans le procès du Père Gabrielis, Ottoboni se montra déclaré partisan de la doctrine romaine touchant l'autorité du pape ; il opina pour qu'on obligeât ce religieux à rétracter tout ce qu'il avait écrit autrefois dans le sens gallican 4. Il témoigna la même ardeur et la même opiniâtreté contre Noël Alexandre G, à ce point qu'en juillet 1684-, l'assesseur même du saint office se crut obligé d'avertir le pape que les cardinaux Ottoboni et Azzolini avaient trahi « beaucoup de passion » dans toute cette affaire 6. En janvier 1685, il ne se montra pas moins « dur » envers le Père Maimbourg7; au mois de juin,
1. Dépêche au roi (Correspondance de Rome, t. CCLXXXIX, p. 200-212).