‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 443 sur 473 · Ibid., t. CCLXVIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXVIII, p

qu'elle pourrait lui nuire sur ce point si elle demeurait brouillée avec Sa Majesté. C'était donc par attachement pour le cardinal Azzolini qu'elle désirait servir le roi de France1. Mais elle ne le servit pas, parce qu'elle était toute aux intérêts d'Azzolini, lesquels étaient inséparables de ceux du pape. Et dès lors ils se portèrent tous deux d'un autre côté. Le 10 juin 4682, le duc d'Estrées écrivit à Louis XIV que ce cardinal et la reine Christine avaient fait venir à Rome le duc de Giovenazzo, pour essayer d'embrouiller encore davantage les affaires de France et pour provoquer une rupture entre la cour de France et celle de Rome. Puis, comme la présentation du duc échoua, la reine s'en prit au prélat del Giudice, frère du duc, et le menaça de coups de bâton2.

La mort de Favoriti rapprocha encore davantage les deux survivants, en leur faisant comprendre qu'ils étaient mortels aussi et qu'ils devaient profiter de leurs dernières années. En présence de cette union croissante, le cardinal d'Estrées écrivit à Louis XIV : « Si la reine de Suède parvient jamais à faire le cardinal Azzolin pape, comme les astres lui promettent, je crois qu'il (Favoriti) sera le- premier canonisé dans son pontificat3. » Azzolini était le « surintendant » de la reine 4, comme il en était le conseiller suprême. Quand l'un cherchait à calmer la cour de France et les d'Estrées, l'autre préparait ses sourires; si, au contraire, l'un inclinait à l'hostilité, l'autre s'armait vite de tout son courroux. Aussi le public les associait-il dans ses jugements. On lit dans une dépêche de Servient à Croissy, datée du 14 décembre 1683 : « Un astrologue de la reine de Suède, nommé Massoni, homme de peu d'estime, a entrepris de rajuster M. le cardinal d'Estrées avec cette princesse et Azzolin, et celui-ci avec Rospi-

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