Le duc d'Estrées au roi, le 24 juin
3. Dépêche du 18 novembre 1682 (ibid., t. CGLXXXV, p. 46-55).
4. Servient à Croissy, le 25 mai 1683 (ibid., t. CCLXXXVI, p. 108- 112).
LE CARDINAL AZZOLINI. 555
gliosi. » Cet astrologue se flattait « d'avoir des moyens de gagner la confiance du sieur de la Croix, secrétaire du cardinal d'Estrées1. »
En 1684, rédigeant son grand mémoire sur les sujets papables, le cardinal d'Estrées ne put pas parler du cardinal Azzolini sans parler aussi de la reine de Suède. Il rappela le « transport de vapeurs » qu'eut ce cardinal en présence de la reine, « qui lui donna beaucoup de marques de sensibilité ; » les billets qu'il faisait semblant de lui écrire pendant le conclave, elc. Puis il ajouta : « Ce cardinal a quelques pierreries enlre les mains, de la reine Christine, qu'elle lui confia au dernier voyage qu'elle fit en Allemagne. Elle ne les a osé redemander. Il les a toujours gardées, quoiqu'elle ait témoigné quelquefois en général qu'elle avait besoin de pierreries pour se parer en de certaines rencontres2. y>
Lorsque le cardinal Azzolini demanda que l'on indiquât, en condamnant l'ouvrage de Noël Alexandre, les propositions erronées que l'on voulait censurer, la reine de Suède, tout en félicitant le pape de son bref de condamnation, regretta que l'on ne se fût pas rendu au désir du cardinal3. A cette même époque, Azzolini était exclu de la chapelle de Saint-Louis et de tout commerce avec la faction de Erance ; et, comme il en souffrait, la reine de Suède s'interposa en médiatrice, faisant cause commune avec lui; elle fit demander aux d'Estrées par Giorri si le cardinal Azzolini serait invité cette année à la chapelle, disant qu'elle avait appris par des lettres de France que le roi l'avait voulu l'an dernier, mais que l'ambassadeur ne l'avait pas fait4.
Elle suivit les tergiversations d'Azzolini dans l'affaire
1. Servient à Croissy, le 14 décembre 1683 (Correspondance de Rome, t. CCLXXXVI, p. 352-355) .