Ibid., t. CCCXXIV, p
LE CARDINAL AZZOLINI. 557
1er mars, il ajouta : « Cette reine a souvent souhaité de me voir dans sa maladie, mais le cardinal Azzolin a détourné ce désir, et au reste a bien plus agi avec l'avidité d'un filoux(s/c) qu'avec la dignité d'un cardinal attaché aune reine. » Elle a révoqué son testament d'il y a vingt ans; « elle déclare de nouveau le cardinal Azzolin son légataire universel, ordonne un fonds de 500 000 livres pour la rente de la récompense de quelques domestiques, dont le principal retournera au même cardinal ou à celui qu'il aura adopté1. » Le 19 avril, le car dinald'Estrées écrivit à Louis XIV: « Elle a fait le cardinal Azzolin son héritier et légataire universel, en l'obligeant toutefois à beaucoup de charges et de legs, qui diminueront de beaucoup cette succession 2. »
Donc, le 19 avril 1689, Azzolini eut peut-être la douleur, certainement l'avantage, de perdre la reine de Suède. Mais il ne devait pas lui survivre longtemps. Vers le 24 mai il tomba malade; le 31 on craignait une hydropisie nouvelle3. Le 7 juin il était mourant. Le cardinal d'Estrées, qui fit prendre de ses nouvelles par honnêteté, remarqua, dans sa dépêche du 7 juin, qu'il avait soixantesept ans passés; que Casoni était le seul étranger qui l'eût vu pendant sa maladie ; qu'Ottoboni était son ancien ami; que « hors le pape, Casoni et quelques particuliers, il n'était regretté de personne; » que la plupart même des cardinaux se trouvaient « soulagés de son mal4. » Telle fut la triste oraison funèbre que son collègue dans le cardinalat envoya de lui à Louis XIV. Le 14, il la compléta en ces termes : « Le cardinal Azzolin mourut mercredi passé, sur les onze heures du soir. Le public n'est pas fort édifié de son testament, dans lequel, laissant ses biens à son neveu, il ne dit pas un mot de la reine Chris-