Ibid., p
ment, dès le 17 novembre1. Au commencement de ce même mois, l'abbé Prévôt, « qui lui a toujours fait sa cour assidûment, » est venu de sa part parler au duc en faveur d'Altieri, lui offrir ses services ainsi que ceux d'Altieri et d'Azzolini, et discréditer les cardinaux Chigi et Rospigliosi, qu'elle traite de <( gens sans honneur2. » Le duc la remercia de son zèle.
Quelques jours après, elle fit demander au cardinal Cibo par le cardinal Azzolini si elle pourrait, comme sous Clément X, assister aux sermons du palais. Avec l'agrément du pape, Cibo lui répondit que, pour qu'elle ne se mêlât plus de promotion, on ne lui donnerait que le moins d'entrée possible au palais, et qu'elle pouvait faire prêcher devant elle quand il lui plairait. Azzolini fut « scandalisé » de cette réponse du pape, et il répondit à son tour « que la reine de Suède pouvait se dispenser de venir à ses sermons. » Le cardinal Cibo, qui raconta ce fait au duc d'Estrées, lui « confirma d'ailleurs que Sa Sainteté n'était pas bien disposée pour cette reine ni pour le cardinal Azzolini 3. »
D'après le cardinal d'Estrées, ce refus « marquait que le pape ne l'admettrait pas dans les conseils du palais, ni dans les délibérations des promotions, comme on le faisait dans le gouvernement passé. » Elle avait pour premier gentilhomme de sa chambre le marquis del Monte 4.
L'abbé Prévost revint une troisième fois à la charge et remit au cardinal d'Estrées un mémoire tendant à certifier que la reine de Suède était désireuse de convaincre ce cardinal de son entier dévouement envers Louis XIV, et de témoigner à Sa Majesté son amitié la plus entière, en
1. Le cardinal d'Estrées à Pomponne, le 17 novembre 1076 (Correspondance de Rome, t. CCXLVIII, p. 65-79.
2. Le duc d'Estrées au roi, le 3 novembre 1676 (ibid., p. 1-i).
3. Le même au même, le 1er décembre 1676 (ibid., p. 142-133).
4. Dépêche à Pomponne, le 1er décembre 1676 (ibid., p. 143- 157).
lui rendant tous les services possibles1. Le cardinal d'Estrées écrivit alors à Pomponne, le 19 janvier 1077, que « la reine de Suède se repentait de la conduite démanchée qu'elle avait tenue avec Sa Majesté; » qu'elle espérait peu des Espagnols, et qu'ayant besoin d'argent, elle oiTrait de servir Louis XIV par l'évêque de Munster et par le duc de Hanovre. Le cardinal envoya en même temps le mémoire de l'abbé Prévost, qui se disait certain des bonnes intentions et des projets favorables de la reine; le cardinal les tenait au contraire pour suspects et l'abbé Prévost pour « crédule, » mais néanmoins il se déclarait disposé à aller chez elle dès que Sa Majesté lui dirait de le faire2. Sans attendre la décision de Sa Majesté, il fit visite à cette reine le 25; elle ne lui dit rien de grave, mais depuis, elle lui fit faire des propositions en faveur d'Altieri 3. Le duc d'Estrées la vit aussi; elle lui renouvela son désir de servir le roi, mais lui manifesta en même temps le besoin qu'elle aurait pour cela des générosités de Sa Majesté4. Le 11 mars, Pomponne, étant avec Louis XIV au camp devant Valenciennes, écrivit au duc d'Estrées que la reine avait fait remettre à Sa Majesté par le cardinal de Bouillon « un grand mémoire de prétentions, qui toutes allaient à demander des assistances dans le mauvais état de ses affaires et de celles de la Suède; » elle demandait aussi au roi « quelques anciens arrérages de subsides qu'elle dit encore lui être dûs du temps qu'elle était sur le trône. » Pomponne ajouta qu'il ne savait pas quel pouvait être le fondement de cette prétention de vieux arrérages, que cette reine a été très hostile à la France sous Clément X, et qu'elle tenait maintenant une conduite bien différente 3 . Donc l'intention de la reine paraissait assez claire : elle