Correspondance de Rome, t. CCL1I, p. 178-179. Cf
ce Père Lupus dans son académie, sans en avoir connu auparavant les doctrines et sans avoir pris connaissance des idées qu'il émettait dans son discours de réception. Malgré les oppositions qui devaient leur être faites, n'était-ce pas un coup monté pour donner le branle aux idées antifrançaises dans les cercles littéraires de Rome ? Si la reine de Suède avait été sincèrement hostile aux doctrines du Père Lupus, elle l'aurait exclu après de tels discours; or ce n'est pas ce Père qu'elle chassa, mais le Père Poussines. Voici, en effet, ce que le duc d'Estrées écrivit à Pomponne le 12 octobre: « Le Père Dunau, jésuite, m'a dit que la reine de Suède avait ôté de son académie le Père Roussines (sic), parce qu'il m'avait informé de ce qui s'était passé touchant l'augustin nommé Ghristianus Lupus ». »
Il paraît que cette reine avait grande confiance dans sa science; mais que celle-ci ne le méritait pas toujours ; car, au commencement de novembre, elle faillit mourir pour avoir pris des pilules d'antimoine, qu'elle avait fait préparer à sa façon par un de ses chimistes *.
Pendant qu'elle donnait occasion au Père Lupus de déblatérer contre la France, dont elle avait sollicité à plusieurs reprises des secours matériels, elle cherchait à se mettre au mieux avec Innocent XI. Celui-ci ayant lancé son édit du 26 novembre 1677 contre les privilèges des ambassadeurs, la reine de Suède fut la première à s'y conformer 3, et elle fit dire, de concert avec la faction d'Altieri et avec les Escadronistes, que, lorsqu'un pape était aussi désintéressé qu'Innocent XI, il pouvait venir à bout de tout avec peu de fermeté 4. Elle servit en même temps d'intermédiaire avec l'escadron pour réunir Altieri et