Dépêche du 19 avril 1678 (ibid., p
5. Servient à Pomponne, le 20 août 1678 (ibid., t. CCLVII, p. 182-186j.
du popolo, tant elles craignaient de réveiller sa sévérité sur leurs habits... Don Livio commence à fréquenter le cours, et il épargne si peu les œillades aux dames quand il le peut, à la dérobée, qu'on croit que, s'il a du pouvoir à l'avenir, il leur évitera la contrainte de s'habiller à la suédoise l. »
La reine de Suède fit le jeu des Espagnols et des Autrichiens, en accusantle palais de trop favoriser la France. Pomponne écrivit à ce sujet de Fontainebleau, le 6 octobre 1678, au duc d'Estrées : « L'on pourrait s'étonner que la reine de Suède accusât le palais de trop d'inclination pour la France, dans un temps qu'elle vient d'écrire à Sa Majesté pour lui demander de la faire payer, sur le subside de Suède, d'une somme qui lui est due par cette couronne. Il est vrai qu'elle n'obtiendra pas sur ce point ce qu'elle demande à Sa Majesté, qui ne dispose point des fonds qu'elle veut bien accorder à ses alliés2. »
En janvier 1679, elle refusa de recevoir la visite de congé de l'ambassadeur de Venise, simplement parce que le pape ne l'avait pas admis 3. Le 24 mai, Servient manda à Pomponne qu'elle parlait de tout le monde, voire même du pape, avec une liberté incroyable et que «de Lucca était fort de ses amis 4. » Servient se moqua quelque temps après de ses académies, disant que les rapsodies d'un certain abbé Gradi ne pouvaient être entendues nulle part jusqu'au bout, pas même chez la reine de Suède ; il ajouta : « La reine de Suède tire pension du pape, et lui étant obligée, elle peut faire sans préjudice tout ce que le pape peut désirer 5. » Au mois d'août, elle était « fort ai-
1. Servient à Pomponne, le 10 septembre 1678 {Correspondance de Rome, t. CCLV1I, p. 263-268).