Dépêche du 28 avril 1688 (ibid., t. CCCX, p
pour n'avoir plus les moines idées qu'on s'était formées sans raison sur sa prétendue vertu, et Rome même n'est plus la dupe de sa fausse dévotion, dont il a couvert ses fortes passions pour s'élever au. pontificat; et depuis qu'il y est arrivé, il n'y a eu nulle affaire où il ait suivi les règles de la conscience et de la religion, mais toujours son animosité ou son avarice1... Le pape est sans mérite, sans doctrine, sans véritable piété ni charité ; il se ferait chef des musulmans mêmes pour nuire au fils aîné de l'Eglise, à son protecteur, au plus ferme appui du saint siège et à l'extirpateur de l'hérésie2. » Enfin, selon Lavardin, c'est « abusivement » qu'on appelle Innocent XI « Sa Sainteté 3. »
Dhorschamp, qui fut envoyé à Rome, en 1688, par Louis XIV, pour y négocier secrètement avec le pape, écrivit au roi, le 19 août de cette même année : « A l'égard du pape, j'avoue que j'ai été longtemps abusé sur son chapitre avec le reste de la France; que je ne puis assez m'étonner de l'idée qu'on a conçue de ses moeurs, bien différente à la vérité de celle qu'on en doit avoir et qu'on en a effectivement dans ce pays-ci, où il est beaucoup mieux connu4. »
Mais peut-être accusera-t-on de partialité ces deuxecclésiastiques et ces deux laïques, comme Français attachés au service de Sa Majesté et intéressés par conséquent dans le débat. Nous pourrions remarquer qu'à ce compte il serait difficile de trouver des juges : car tout le monde était plus ou moins intéressé, sinon aux affaires mêmes de France, du moins aux principes qu'elles représentaient. Mais, passons outre, consultons l'opinion de personnes étrangères à la France, voire même des raera-
1. Dépêche du K) septembre 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXIl,p. 7-28).