Dépêche du 29 octobre 1688 (ibid., t. CCCXVI, p
7. Lavardin au roi, le 8 janvier 1689 (ibid., t. CGCXXIV, p. 11-23).
cardinal Ottoboni était venu, comme sous-doyen, la vi. siter au nom du pape; et qu'elle avait nommé le pape exécuteur de son testament1. Cependant Témétique lui causa quelque mieux du 1er au 82 et les jours suivants; mais elle fit une rechute et mourut le 19 avril. « On dit, écrivit le cardinal d'Eslrées ce même jour, que le pape n'a pas été moins touché de la rechute de la reine de Suède, qui est morte ce matin sur les cinq heures de France, et l'on m'en a dit une raison que j'essaierai de mieux approfondir3. » Dans sa dépêche du 19, Lavardin pleura cette mort comme une perte pour le roi de France 4.
Telle fut cette femme, supérieure peut-être en Suède pendant son règne, lorsqu'elle fut dirigée par un Oxenstiern, instruite par un Jean Matthise, et entourée de plusieurs savants de mérite; mais, dès qu'elle en fut séparée, elle s'étiola comme une plante dépaysée et déclimatée. Elle se souilla à Fontainebleau et se ridiculisa à Rome; dans l'atmosphère romaine, son talent dégénéra en excentricité, et, loin de se grandir près de la papauté, elle se rapetissa; si à Stockholm elle fut une reine de génie, ce qui est douteux, à Rome elle ne fut plus qu'une « précieuse ridicule, » abandonnant le sérieux pour le genre, d'autres diraient avec vérité le chic, quoique l'expression « reine à chic » ne soit pas encore reçue.
En somme, les dépêches que j'ai analysées donnent raison et au delà à madame de Motleville, qui la traita ainsi : « La Renommée est une grande causeuse : elle aime souvent à passer les limites de la vérité; mais cette vérité a bien de la force : elle ne laisse pas longtemps le monde crédule abandonné à la tromperie. Quelques
1. Lavardin au roi, le 1er mars 1689 (Correspondance de Rome, t. CCCXXIV, p. lGO-169).