‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 469 sur 473 · Ibid., t. CCCXUI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXUI, p

cardinal d'Estrées restait un ennemi personnel de la reine de Suède, et qu'il ne l'avait pas encore vue, bien qu'elle fût réconciliée avec Sa Majesté1. Le 29 juin, le cardinal d'Estrées avertit M. de Croissy que les bons rapports de Lavardin et de la reine faisaient à Rome très mauvais effet auprès des cardinaux; que la reine laissait éclater sa joie; que, quant à lui, il avait l'air de ne pas connaître les intentions du roi, que cela lui ôtait toute créance, etc.2. L'imbroglio était évident, et Azzolini devait être heureux au fond de son cœur.

D'après Lavardin, la reine était, en juillet, froissée de ne pas recevoir la visite des cardinaux nationaux3, et outrée contre le pape4; en octobre, elle offrit à l'ambassadeur quatre cents hommes et à Louis XIV ses services pour l'Allemagne et pour Rome5. Cette dernière marque de dévouement toucha évidemment Louis XIV; car il écrivit aussitôt de Fontainebleau au cardinal d'Estrées, pour le prier de voir la reine, avec laquelle il avait rétabli les mêmes honnêtetés qu'autrefois ; mais il ne l'engageait pas pour cela à voirie cardinal Azzolini6. Le cardinal d'Estrées obéit et vit la reine, mais il fit devant elle une sortie contre le cardinal Azzolini, qui, dit-il, cherchait à lui nuire personnellement, à entraver la solution des démêlés, et à qui il ne pardonnerait de sa vie 7. C'était mettre de l'huile sur le feu.

En février 1689, elle tomba malade; vers le 1er mars elle allait de plus en plus mal et sa mort était tenue pour imminente. Ce jour-là même, Lavardin écrivit au roi que cette mort serait « une perte pour Sa Majesté dans le temps présent »; que, le cardinal Cibo étant malade, le

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