Ibid., t. CCLX1II, p
1680: — Dépèche du 8 mai : Depuis quelques jours on a donné le lait d'ànesse au pape1. — Le 28 août : Le pape est persuadé qu'il doit mourir cette année 2.
1681 : — Dépêche du 11 mars : « Un abbé nommé Gallo a été mis en prison, parce que l'on a su qu'il avait dit que le pape devait mourir entre le mois d'avril et de mai prochain; ce qu'il n'a pas désavoué, » se piquant d'avoir prédit le cardinalat et le pontificat du pape3. — Le 7 mai : Le pape est très abattu ; ses jambes sont enflées, et ce n'est pas la goutte 4. — Le 4 juin : Le pape est entré le 18 mai dans sa 71e année; il a « de temps en temps des attaques de son inflammation d'urine5. »
— Le 8 octobre : Un des cautères du pape rend peu, sa vessie commence à se dessécher, il y a péril de rétention d'urine6.
1682 : — Dépêche du 7 janvier : « Le pape assista à la chapelle de la veille des Rois, et quoiqu'il eût la voix forte et qu'il parût avec bon visage et assez gai, je remarquai néanmoins que les deux fois que Sa Sainteté se leva de la chaise où il était au soglio pour commencer vêpres et aller encenser l'autel, ce fut avec quelque peine, principalement du côté droit, et comme si elle eût senti quelque douleur. Elle ne fut pas à celle d'hier matin, parce qu'elle avait mal passé la nuit, sans presque fermer 1 œil, et avec quelque inquiétude et agitation que l'on ne pouvait pas pourtant nommer fièvre. Sa Sainteté fut toute la journée dans une humeur sombre et mélancolique. »
— Le 21 : « Bien que le pape fût mélancolique un peu avant que j'arrivasse, ce que je sus de M. le cardinal Cybo qui venait de quitter Sa Sainteté, elle me reçut néan-
1. Correspondance de Rome, t. CCLXVIII, 1er suppl. de 1680, p. 266-272.
2. L'abbé de Servient à M. Colbert de Croissy (ibid.,t. CCLXIX, p. 148-151).
3. Le duc d'Estrées au roi (ibid.,t. CCLXXI, p. 139-156). i. Ibid., p. 297-306.
.">. L'abbé de Servient à M.deCrois»y(ï6irf.,t. CCLXXV,p. 300-306). 6. Le duc d'Estrées au roi (ibid., t. CCLXXU, p. 253-260).
moins avec un air riant et fort ouvert, ce qui continua tant que mon audience dura. Je trouvai le pape avec bon visage, mais se plaignant d'une douleur à la jambe et au pied droit. L'on la croit causée par un cautère auquel l'on a mis plusieurs fois des poudres, pour manger une excroissance de chair qui était autour. Je voulus traiter ce mal de goutte, et je lui en témoignai de la joie, en lui disant que d'avoir commencé à s'en ressentir à son âge était un signe d'une longue vie. Il me remercia et me dit qu'il ne savait pas bien ce que pouvait être la douleur dont il rne parlait, mais qu'elle l'avait empêché de reposer pendant une nuit1. » — Le 11 mars : Les cautères du pape vont bien et mal, il se remet et il retombe... a II ménagera davantage madame R. (ou P.) qu'il n'avait résolu2. » — Le 18 : Le pape est assez gai, bien qu'il ait eu une « hérésipèle », une « fluxion sur l'estomac, » et des lassitudes par tout le corps ; il passe la plupart du temps dans une chaise3. — Le 26 : Le pape est malade et marche avec peine, « soit qu'une fistule que Ton dit qu'elle (Sa Sainteté) a au fondement en soit cause, ou bien une douleur à une jambe dont elle s'est ressentie quelquefois depuis un certain temps4. » — Le 3 avril : Le pape a rempli deux mouchoirs de sang; cela lui a soulagé la tête5. — Le iO juin : Le pape vient d'être fort tourmenté d'une colique et n'est pas encore soulagé6. — Les 11 et 12 septembre : « Le pape désire avec passion plusieurs années de vie, et il tâche de se les procurer par le soin extraordinaire qu'il prend de sa santé 7. » — Le 22 octobre : « Le pape ne peut réchauffer ses jambes,