‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 57 sur 473 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

7. Le cardinal d'Estrées au roi (ibid., t. CCLXXXIV, p. 268-300).

bien qu'il porte quatre paires de bas et qu'il ait souvent des vapeurs1. » — Le 4 novembre: La maigreur du visage du pape est augmentée ; « c'est un homme qui commence à diminuer-. » — Le 12 : La santé du pape est « altérée par une distillation du cerveau sur l'estomac, et dont il faut que l'humeur soit bien acre, puisqu'elle lui fait beaucoup de mal à la gorge. Nous avons su cette particularité, et qu'il est chagrin et abattu. » L'apothicaire de Sa Sainteté la sert depuis trente ans, et elle vient « da lui refuser une grâce de quatre-vingts écus, que les autres papes avaient accoutumé d'accorder à leurs apothicaires. » Le pape garde le lit depuis deux jours'. — Le 18 : Le pape est toujours malade ; des prédictions disent qu'il mourra en décembre prochain, au plus tard en mars 1683. — Le 25 : Le pape a des cautères, « la chair tout autour est noire et livide ». — Le 26 : « Le pape a de telles incommodités d'urine, de ses cautères, de ses fluxions, de ses insomnies, de sa facilité à s'enrhumer au moindre air et à la moindre fonction, de sa constipation perpétuelle s'il n'est aidé de lavements, de sa maigreur qui augmente peu à peu tous les jours, et du redoublement de ses chagrins et de sa mélancolie, qu'il parait normalement impossible à son propre médecin (qui s'en confie à celui qui m'a révélé ce secret en grande confiance) qu'il puisse vivre encore une année 4. » — Le 3 décembre : Le pape dit volontiers qu'il se ferait « écarteler dans sa chaise » plutôt que de manquer à son devoir. « Ces termes lui sont familiers dans le temps qu'il craint d'ouvrir ou de fermer le volet de sa fenêtre pour sa santé3. » — Le 30 : Le pape est amaigri, son menton

1. L'abbé de Servient (Correspondance de Rome, t. CCLXXXH, 3« suppl. de 168-2, p. 22-27).

•1. Le duc d'Estrées au roi.

:ï. Ibid.

i. L'abbé de Servient {ibid., t. CCLXXXH, p. 70-72). 5. Le cardinal d'Estrées au roi (ibid., t. CCLXXXV, p. 76-85).

est « comme rentré », il a peine à se lever de sa chaise cependant il n'y a pas péril proche l.

1G83: — Dépêche du 20 janvier : Le pape est « abattu etavec méchant visage » ; il a la goutte, et sent de la douleur aux deux pieds et aux deux genoux2. — Le 4 février: Les maux les plus graves du pape sont « les insomnies, les vertiges, les urines teintes de sang, les pesanteurs de tête, les fluxions errantes, la mélancolie, une instabilité sur toutes choses qui l'empêche d'être jamais content de rien, un grand amaigrissement, et une nourriture perpétuelle de chagrins et de dégoûts, en sorte que son médecin ne croit pas qu'il dure longtemps 3. » — Le 25 : Le pape est « amaigri ; » il a « les yeux fort battus », mais meilleur visage que précédemment; il a eu un accès de goutte et même un commencement d'hydropisie 4. — Le 2 mars: Le pape va mieux; il a dit la messe avant-hier, ce qu'il n'avait pas fait depuis Noël. On suppose qu'il a le foie attaqué5. — Le 16: «Le pape se porte de mieux en mieux6. — Le 6 avril : « Le pape fut de son appartement à l'église de Saint-Pierre, vendredi, porté en chaise, de son antichambrejusqu'à la porte de la chapelle du Saint- Sacrement7. » — Le 8 juin: Le pape a des défaillances; on dit partout qu'il « commence à diminuer 8. » — Le 22 : Le pape a porté le Saint-Sacrement à la procession. Il était fatigué. « M. d'Hervault, l'un des deux auditeurs de rote sur lesquels Sa Sainteté s'appuyait, s'en aperçut 9. » — Le 24 août : Le pape n'assista pas à la procession du jubilé. On dit qu'il a la goutte. Mais comme il ne s'agit

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