Ibid., t. CCLXXX, suppl. de 1682, p
3. Mémoire de l'abbé de Servient, le 30 décembre 1676 (Ibid., t. CCXLVI1I, 279-312).
4. Mémoire du cardinal d'Estrées sur les sujets papables, envoyé à M. de Pomponne avec sa dépêche du 15 juillet 1676 (Ibid., t.(XXLV,p.93-118).
5. Lettre du 8 septembre 1676 (Ibid., t. CCXLVI, p. 223-224.)
Altieri et Doin Angelo profitaient; qu'il avait aboli tout de même une loterie à la mode de celle de Gênes, dont le cardinal Altieri tirait 4000 écus par an, et qui ne servait qu'à incommoder beaucoup de familles1 ». Avec une telle administration, il n'y avait rien d'étonnant qu'Altieri fût le plus riche de Rome après le prince Borghèse, et que la chambre fût endettée de près de 30 millions d'écus2. C'était le règne du népotisme. Clément X, remarquable par son incomparable faiblesse, ne pouvait rien refuser à ses neveux adoptifs. Dans le discours que le duc d'Estrées fit au sacré collège après la mort de ce pape, il assura qu'il pleurait tous les jours sur son incapacité et qu'il avait témoigné au duc, dans quelques audiences, des pensées qui lui venaient sur une retraite, « retraite qu'il aurait très volontiers exécutée, si l'on ne s'y fût opposé 3.»
Dans un rapport sur le conclave de 1676, le cardinal d'Estrées a attribué à Altieri que le dernier pontificat fût « tombé dans le mépris et dans une générale aversion*». Quoi qu'il en soit de la culpabilité d'Altieri, elle ne saurait innocenter Clément X. Un homme qui accordait au duc d'Estrées, à la prière de la reine de France, la canonisation de San Nolasco, comme l'affirme le duc lui-même3, était certainement capable de se faire un jeu de la morale non moins que de la sainteté. La dépêche du duc d'Estrées à Pomponne, du 22 février 1678, raconte un fait que l'on peut citer comme spécimen de moralité sous le gouvernement du cardinal Altieri; il s'agit du concours de ce cardinal dans l'affaire du baron Capelletti : « Resta, dit le duc, a assassiné et fait assassiner quel-
1. Dépêche du cardinal d'Estrées à M. de Pomponne, le 13 octobre
1676 (Corresp., t. CCLXVII, p. 200-212).
2. Mémoire de l'abbé de Servient, le 30 décembre 1676, loc cil*